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Mgr. M.Ormanian

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MALACHIA ORMANIAN

 

 


Nom de l'Eglise Arménienne

Un usage, généralement répandu, veut que chaque église ait un nom ethnographique, en même temps qu’une dénomination doctrinale ; le premier est emprunté au pays  ou à la race, la seconde au principe doctrinal. C’est ainsi que l’on dit : église grecque orthodoxe, église latine catholique, église anglicane épiscopale, église écossaise presbytérienne, ainsi de suite. Cependant, en ce qui concerne l’église arménienne, on n’est pas tombé d’accord sur la dénomination  doctrinale. Les  Arméniens se servent  du nom ethnographique de Haï Yégueghétsi (église arménienne), ou Haïasdaniaïtz Yeguéghétsi (église des arméniens). Les locutions se sourb (saint), de arakélagan (apostolique), de oughapar (orthodoxe), et autres semblables, qui ont habituellement cours, n’ont en réalité aucun caractère officiel. L’appellation doctrinale date de l’occupation russe, quand le gouvernement du Tsar voulut imposer un règlement spécial. On dut alors préciser le nom de l’église, le nom ethnographique seul ayant paru insuffisant. C’est  à cette époque qu’on mit en avan,t la dénomination de Loussavortchagan, qui littéralement signifie l’illuminatorien, expression qui a été, par analogie, traduite par celle de Grégorien, du nom de Saint Grégoire l’Illuminateur. C’est de cette façon d’église arméno-grégorienne a été enregistrée dans le bologenia russe de 1836. on la voit figurer dans les actes du synode d’Etchmiadzine. Cependant  ce vocable a été mal accueilli par l’opinion publique arménienne. Suivant elle, il tendrait à enlever à l’église son caractère d’apostolicité, pour ne lui laisser que celui  d’une église qui aurait été fondée au IV ème siècle. Les catholiques romains qui prétendent faire de Saint Grigor Loussavoritch un adepte de Rome, le répudient également, mais pour une raison différente. Leurs scrupules leur défendent de donner à une église, réputée par eux schismatique, le nom d’un catholique romain. Ils ont donc imaginé our leur usage, le nom de Etchmiadznakan, qu’ils ont emprunté au siège suprême d’Etchmiadzine. Toutefois, comme on le pense bien, cette appellation n’a rallié  ni les fidèles de l’église arménienne, ni les auteurs étrangers. Mais enfin, on tient tant à une dénomination doctrinale, ne pourrait-on pas adopter celle de l’église oughapar , qui aurait au moins le mérite de répondre à la formule grecque d’Eglise Orthodoxe, et à celle d’Eglise Pravoslave en russe ? Tout en conservant l’analogie, elle aurait, croyons-nous, le mérite de caractériser la distinction des églises par un n nom emprunté à la langue propre à chacune d’elle. Il n’offrirait d’ailleurs rien d’arbitraire, puisqu’il a paru déjà dans l’almanach de Gotha (1890,p. 949 & 1891p.1012). Au reste, ce ne serait pas là une innovation,car, l’usage de conserver les noms propres avec leurs prononciation originale, et non en traduction, est plus commun qu’on ne pense. C’est ainsi qu’une foule d’appellations d’origine hébraïque, grecque et syrienne, conservent leur forme native, encore que légèrement altérée. Nous nous serions conformés à cet usage, si nous avions adopté celle de l’Eglise oughapar arménienne. Elle aurait eu le double mérite d’indiquer, à la fois, la constitution spéciale de l’église Nationale et le mien qui la rattache au groupe des églises de l’orthodoxie orientale.

« L’Eglise Arménienne » Monseigneur Malachia ORMANIAN , 1910
Այսքան չարիք թէ մոռանան մեր որդիք, թող ողջ աշխարհ կարդայ հայուն նախատինք
Armenagan 2004 Հրայր