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Mgr. M.Ormanian

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MALACHIA ORMANIAN

 

 


XXXVII. LE SYSTÈME DU CALENDRIER

Nous ne nous attarderons point à expliquer le calendrier civil en usage chez les anciens Arméniens, ni à analyser l'ancien calendrier de Haïka schirtchan (cycle d'Orion), qui embrasse une période de 1460 ans, plus une année bisextile. Nous n'entendons pas non plus expliquer son année de douze mois uniformément composés de trente jours, avec cinq jours d'épagomènes. C'est le calendrier Julien, désigné communément sous le nom de Vieux style, que suivent de nos jours les Arméniens de Russie et de Turquie, et même ceux que ]'émigration a dispersés en Europe et en Amérique. Ce calendrier est bien connu maintenant, et l'on sait qu'à partir du vingtième siècle un retard de treize jours doit séparer les dates des deux calendriers. Nous essaierons d'expliquer plutôt le système de la célébration des fêtes arméniennes. Toute la chrétienté a pris pour base de ses fêtes les jours fixes du comput solaire, de sorte que tel jour de tel mois est invariablement consacré à la fête de tel saint. Seules les fêtes pascales suivent le comput lunaire, mais elles sont refondues par un arrangement spécial dans le comput général. Le calendrier arménien a adopté pour base, non les jours des mois, mais ceux des semaines. II forme ainsi un calendrier spécial hebdomadaire. Il n'y a dans toute l'année que quatorze jours qui soient célébrés d'après certains jours fixes du mois, et cela depuis ces derniers siècles. Ce sont les neuf jours de la Théophanie (du 5 au 13 janvier), et les cinq fêtes de la Vierge, la Purification (14 février), l'Annonciation (7 avril) , la Nativité (8 septembre), la Présentation (21 novembre) et la Conception (9 décembre). Le reste de l'année est organisé d'après l'ordre succesif des semaines et des jours de chaque semaine. Le point de départ est le jour de Pâques, invariablement calculé d'après le vieux style. D'abord, en calculant avant les Pâques, on s'arrête au dixième dimanche. Des dix semaines qui précèdent cette fête, la première est consacrée à l'abstinence de l'Aratchavor (primaire), les deux suivantes aux fêtes des saints, les six autres forment le carême, et la dixième est la semaine sainte. On compte ensuite une période de quatorze semaines après les Pâques ; au quatorzième dimanche se place la fête de la Transfiguration, qui dure trois jours. Les premières sept semaines forment les cinquante jours qui séparent la Résurrection de Ja Pentecôte; la huitième est l'octave de la Pentecôte; les cinq autres qui suivent contiennent les fêtes des saints; à la quatorzième, prend place l'abstinence de la Transfiguration. Cet ensemble de vingt-quatre semaines, ou de cent soixante-onze jours, forme la période pascale, et comprend presque la moitié de l'année. Elle est célébrée toujours d'une manière identique, en suivant l'ordre des jours des semaines. Nous devons noter ici que le comput pascal des Arméniens est identique au comput grec, avec cette seule différence, que quatre fois dans un cycle de cinq cent trente deux années, les deux Pâques se rencontrent avec une semaine d'intervalle, Cet écart provient de la différence des épactes du calendrier alexandrin d'Eas, suivi par les Arméniens, et du calendrier byzantin d'Irion, adopté par les Grecs, Aux quatre dates susmentionnées, la pleine lune, d'après Irion, apparaît le samedi 5 avril, et c'est le lendemain, le 6, que se célèbrent les Pàques ; tandis que d'après Eas, c'est un dimanche, 6 avril, qu'elle apparaitrait, et la fête se trouve par suite ajournée au 13 du même mois. C'est ce que les Arméniens appellent Dzrazadik (pàques erronées). Cette différence a toujours été une cause de conflits entre Grecs et Arméniens, surtout à Jérusalem. Le dernier dzrazadik a coïncidé avec l'année 1824 ; mais en considération des liens d'étroite amitié qui subsistaient à cette époque entre le gouvernement russe et le siège d'Etchmiadzine, on crut devoir passer outre, et les Arméniens célébrèrent les Pàques le 11 avril, simultanément avec les Grecs et les Russes, Cet écart se répéterait en 2071, si la question de dzrazadik n'était pas définitivement tranchée. Pour revenir au calendrier arménien, notons que le reste de l'année, hors la période de vingt-quatre semaines, forme une seconde période extra-pascale, divisée en cinq parties, qui sont en relation avec les points fixes, qui règlent leur calcul, savoir: la fête de l'Assomption, le dimanche plus proche, avant ou après le 15 août; la fête de l'Exaltation, le dimanche le plus proche de la date du 14 septembre; le commencement de l' Avent, le dimanche le plus proche du 18 novembre; et la fête de la Théophanie le 6 janvier, C'est ainsi qu'on a cinq périodes partielles, d'une durée variant chaque année, mais qui se compensent mutuellement. Les fêtes quotidiennes sont réglées d'après le système hebdomadaire, c'est-à-dire, dans l'ordre des jours de la semaine, Les variations dans le
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nombre des semaines de chaque période partielle nécessitent la transposition éventuelle d'un certain nombre de fètes. Il en est de mème pour celles qui se produisent après la fin et avant le commencement de la période pascale. La mobilité de la fète pascale, qui embrasse une différence de trente-cinq jours, fait que plus le commencement de la période pascale s'approche de la Théophanie, autant sa fin s'éloigne de l'Assomption, et réciproquement; et les fètes de ces deux périodes partielles se déplacent suivant les besoins. La caractéristique essentielle du système hebdomadaire, c'est que la nature même des fètes est réglée d'après les jours de la semaine. Les dimanches sont exclusivement dédiés à la Résurrection ou à toute autre fête dominicale; les mercredis et les vendredis sont réservés aux offices de pénitence. Les fêtes des saints ne peuvent être célébrées que pendant les quatre jours restants, soit, les ]undis, mardis, jeudis et samedis. Les jours de pénitence et ceux consacrés aux saints peuvent ètre changés en fète dominicale, en interrompant les offices qui leur sont propres. Les lundis, mardis et jeudis peuvent ètre changés en office de pénitence, ce qui n'est pas le cas pour les samedis. On voit clairement, par les indications qui précèdent, que les fètes des saints doivent annuellement changer de jour, et que par conséquent un calendrier spécial s'impose pour chaque année d'après le jour assigné aux Pàques. Comme notre intention ici n'est que de donner au lecteur de simples notions, nous croyons suffisant ce que nous venons d'exposer .
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XXXVIII. LES FETES DOMINICALES

Le cadre restreint où nous nous renfermons nous interdit toute digression sur les détails relatifs à la célébration des fêtes. L'église arménienne, sous le nom de fête dominicale (térounakan), comprend toutes les solennités en l'honneur de Jésus-Christ, du Saint-Esprit, de la Sainte Vierge, de la Sainte-Croix et de la Sainte-Église. A ces fêtes, elle n'associe aucune commémoration de saint, aucun office de pénitence; car les offices du jour sont exclusivement consacrés au mystère divin. Elles peuvent se partager en trois groupes, suivant qu'elles ont pour objet le Rédempteur, sa divine Mère ou la Rédemption elle-même. Dans le premier groupe se place d'abord la fête de la Théophanie, où se synthétisent tous les mystères qui précédèrent la vie évangélique du Christ. On réunit ainsi en une seule solennité l'Annonciation, la Noël, l'adoration des mages, le baptême et les révélations du Jourdain. C'est dans cet esprit que la Théophanie était jadis célébrée par les églises primitives; et ce ne fut que plus tard que les églises syrienne, latine et grecque firent de la Théophanie deux fêtes distinctes, la Noël et l'Epiphanie. Mais l'église arménienne a gardé intacte la tradition. La Théophanie y est célébrée le 6 janvier, en y comprenant la veille, le 5, et l'octave jusqu'au 13. Vient ensuite la semaine sainte, qui forme une octave de fêtes dominicales. Elle commence la veille du dimanche des Palmes, qui est dédié au miracle de la résurrection de Lazare, et prend fin Je samedi saint, qui clôt la commémoration des mystères de la rédemption, par la fête de la mise au tombeau. La Résurrection est solennisée pendant trente-neuf jours et l'Ascension pendant dix jours pleins. Le cinquantième inaugure la Pentecôte et la fête du Saint-Esprit, qui dure sept jours. On a ainsi un cycle de soixante-quatre jours consécutifs de fêtes dominicales, durant lequel aucune autre commémoration de saints ne peut être célébrée. La Transfiguration coïncide avec le septième dimanche après la Pentecôte, qui clôture la période pascale et le lundi et le mardi suivants. On la désigne aussi sous le nom de Vardavar (fête des roses), d'une fête païenne qui a passé dans la tradition chrétienne. Pour compléter cette brève revue des solennités en l'honneur du Rédempteur, on doit noter gue les dimanches de l'année sont tous dédiés à la Résurrection, à défaut d'une fête dominicale. Aux dimanches du carême est attribué un caractère d'attente à la Résurrection. Le second groupe des fêtes dominicales se rattache à la personne de la sainte Astouadzadzine (Mère de Dieu), à laquelle sont appliquées les formules des offices consacrés à Jésus-Christ. La principale est l'Assomption, prise dans le sens de dormition et d'exaltation à la vision divine. Nous avons dit qu'elle se célèbre le dimanche le plus rapproché du 15 août, soit dans l'intervalle compris entre le 12 et le 18 de ce mois; elle dure neuf jours, jusqu'au second lundi inclusivement. Dès le Ve siècle, on commença à célébrer la Purification le 14 février et l'Annonciation le 7 avril. La Nativité de la Sainte-Vierge, qui se célèbre le 8 septembre, a été inaugurée au XIIIe siècle. La Présentation ( 21 novembre) et la Conception (9 décembre) ne datent que du dix septième. Les commémorations des inventions du voile et de Ia ceinture de la Sainte-Vierge remontent à la fin du dix-huitième. Elles sont fixées au sixième dimanche de la Pentecôte et au troisième de l'Assomption. Au dernier groupe appartiennent le.s fêtes de la Sainte Croix et de la Sainte-Église. Les premières sont: la fête de l'Exaltation, qui tombe le dimanche compris entre le 11 et le 17 septembre et celle de l'Invention, le septième dimanche de l'Exaltation; l'apparition à Jérusalem, en 351, le cinquième dimanche de Pàgues, et l'Apparition à Varak, près de Van en 653, le troisième dimanche de l'Exaltaltion. La fête de l'Exaltation dure une semaine entière, les autres, un seul jour . On célèbre aussi les fêtes de la Sainte-Église, comme signe visible de la rédemption. Elles comprennent principalement le mardi, le mercredi et le jeudi de la semaine d'Exaltation. Figurent dans ce groupe, la dédicace de l'église du Saint-Sépulcre (veille de l'Exaltation), celle de la basilique d'Etchmiadzine (veille de l'Assomption), la vision de la Descente de l'Unigenitus, apparue à saint Grégoire l'Illuminateur (troisième dimanche de la Pentecôte), la commémoration de l'Arche d'Alliance ou du Vieux Testament (veille de la Transfiguration), la Vocation des gentils (deuxième dimanche de Pâques), et enfin la commémoration de la première église du Cénacle (troisième dimanche de Pàques). Voici
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maintenant le total des fêtes dominicales, pendant lesquelles les offices et la messe sont entièrement appliqués aux mystères divins, à l'exclusion de toute commémoration des saints.
9 jours la Théophanie.
8 » la Semaine sainte.
39 » la Résurrection.
10 » l'Ascension.
7 » la Pentecôte.
3 » la Transfiguration.
9 » l' Assomption.
7 » autres fêtes de la Vierge.
7 » diverses fêtes de la Sainte-Croix.
9 » diverses fêtes de la Sainte-Église.
30 » dimanches n'ayant aucune autre fête.
En tout, cent trente-six jours dans l'année.
Puisque nous en sommes au chapitre des jours, durant lesquels on s'abstient de commémorer les saints, nous croyons à propos d'ajouter quelques mots d'éclaircissement au sujet des périodes de pénitence ou d'abstinence liturgique (pahk). C'est encore une spécialité propre au rite arménien, qu'à certains jours les offices et la messe soient appliqués exclusivement aux prières de pénitence et il la commémoration des morts. Ce sont, en général les mercredis et les vendredis de chaque semaine, sauf coïncidence de fètes dominicales; puis les jours du carème, les samedis et dimanches exceptés; les cinq jours des quatre semaines qui précèdent les grandes fêtes; enfin les semaines de l'Avent et de l'Aratchavor. Ordinairement, les offices de pénitence ou d'abstinence sont accompagnés de maigre; mais cette règle comporte quelques exceptions. Une dispense réglementaire est accordée pendant les mercredis et les vendredis de la quarantaine pascale et durant l'octave de la Théophanie. En dehors de cette période, le maigre des mercredis et vendredis est de rigueur, même dans les cas de fêtes dominicales. Le maigre de la semaine de la Pentecôte est obligatoire malgré la fête dominicale du Saint-Esprit. Les semaines consacrées au maigre de l'automne et de l'hiver et celle qui prépare ci la grande fête de l'illuminateur, conservent la commémoration des saints, sans interrompre le régime maigre. Il en est de mème pour les samedis et les dimanches du carême et pour l'abstinence de la Théophanie. Nous avons dit ailleurs que les jours consacrés au maigre atteignent le nombre de cent-soixante. Ils sont de cent dix-sept pour l'abstinence liturgique, y compris le carême. En ajoutant ci ce nombre les cent trente-six fêtes dominicales, on a un total de deux cent cinquante-trois jours; il n'en reste que cent douze pour les fêtes commémoratives des saints, qu'on est obligé de grouper ensemble. Bien rares sont dans le calendrier arménien les jours consacrés à la commémoration d'un seul saint.
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XXXIX. LA COMMEMORATION DES SAINTS

Sans avoir I'intention de passer en revue le martyrologe arménien, ce qui nous ménerait trop loin, nous croyons utile de donner un bref aperçu de l'hagiographie de son église. Aussi bien cette étude contribuera à jeter un surcroit de lumières sur ses relations avec les autres églises, en précisant en même temps l'époque où ses institutions liturgiques ont été définitivement fixées. Pour nous conformer à l'ordre chronologique, commençons par les esprits célestes. Une seule fète leur est consacrée; seuls les archanges Michel et Gabriel y sont nominativement cités. Les saints de l'Ancien Testament figurent en grand nombre dans le calendrier. Une fète est dédiée à tous les patriarches. Parmi ceux qui ont vécu avant le déluge, on évoque nominalement la mémoire d'Adam, d'Abel, de Seth, d'Enos, d'Enoch et de Noë. Ensuite les patriarches venus après le déluge: Melchisedech, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, Aaron, et Éléazar. De l'époque des juges on évoque les noms de Josué, de Barac, de Gédéon, de Jephté, de Samson et de Samuel. La liste s'accompagne de la formule: Et les autres patriarches. Job le Juste est l'objet d'une fète spéciale. Dans la série des prophètes on distingue David, Elysée, Isaïe, Jérémie, Daniel, Ezechiel et Esdras. Les douze petits prophètes sont groupés dans une solennité collective. La mémoire de Zacharie, l'un des douze, est l'objet d'une fête supplémentaire à l'occasion de la translation de ses reliques en Arménie. L'ascension du prophète Elie n'est l'objet que d'une simple mention. On glorifie également les martyrs du Vieux Testament, savoir: les Trois-Enfants dans la fournaise de Babylone, le prètre Eléazar, la veuve Samounée et ses sept fils. Parmi Ies saints contemporains de Jésus sont cités: les Innocents de Bethléhem, Joachim et Anne, parents de Ailarie, Zacharie, père de Jean-Baptiste, Joseph, époux de Marie, et Jean-Baptiste, en I’honneur de qui quatre fètes sont célébrées dans l'année. En passant aux saints du Nouveau Testament, nous trouvons tout d'abord la fête collective des treize apôtres, y compris saint Paul; puis viennent celles qui leur sont particulièrement consacrées, associés par deux. Quant aux Soixante-douze disciples, une fête générale célèbre leur mémoire. Certains jours spéciaux sont désignés pour en célébrer quelques-uns nominativement, sauf le doute restrictif s'ils font partie de ce groupe. Nous rangerons dans cette catégorie: Jacob et Siméon, nommés frères de Jésus ; les évangélistes Marc et Luc; les diacres Etienne et Philippe; les disciples Lazare, Ananie, Jean Marc et Barnabé. On y ajoute Joseph d'Arimathée, le centurion Longin, témoins de la passion, et le centurion Corneille. Parmi les disciples de saint Paul, on évoque la mémoire de Timothée, de Tite, de Silas, de Sylvain, d'Onésime, en y ajoutant la formule: et autres disciples. On range également dans ce groupe, les docteurs Hierothée ou Rhétée l'Athénien et Denis I'Aréopagite. Le calendrier consacré aussi une fête générale aux saintes femmes myrophores (Yughaber), à la tête desquelles figure Marie-Madeleine; une autre, aux soeurs de Lazare. A ce groupe se rattachent la martyre Thècle, disciple de saint Paul, et la vierge Hermonée, fille du diacre Philippe. Le calendrier mentionne cgalement de nombreux martyrs et plusieu rs confesseurs, vénérés par Ies autres églises ; tous cependant sont antérieurs à l'époque qui précéda la scission qui émietta l'église universelle. La nomenclature de ces saints que nous allons donner, malgré son aridité, ne laisse pas d'être utile au point de vue de l'histoire des relations entre les églises. Pour plus de clarté, nous garderons l'ordre des diverses églises et des siècles, auxquels remontent ces saints.
Eglise d'Antioche, IIe siècle : l'évêque Ignace, et la vierge Christine; IIIe siècle : le vieillard Barlaam et l'évèque Babylas et ses disciples; IVe siècle: l'évêque Mélétius, les prêtres Lucien, Théodorète, Eugène et Macaire; le diacre Cyrille; le chantre Romanus d'Emesse, les martyrs Artémius, Hibérique et ses compagnons, Hysichius, et Christophe, et les femmes martyres Callinice et Acylinée; Ve siècle: Siméon le Stylite.
Église de Cilicie, IIIe siècle: les martyrs Callinique, Diomède, Cosme et Damien, Taragus et ses compagnons, et la martyre Pélagie.
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Église de Mésopotamie, IIIe siècle: l'évêque Barsame d'Edesse; IVe siècle: les docteurs Jacques de Nisibe et Ephrem le Syrien, le cénobiarque Marcellus, les martyrs Serge et Bacchus, Gurias et ses compagnons, et la vierge Fébronie; Ve siècle, l'évêque Maruthas.
Église de Jérusalem, IVe siècle: le patriarche Cyrille, l'évêque Judas-Cyrille et sa mère, et l'anachorète Romanius; ve siècle: le patriarche Jean. Église de Chypre, ve siècle: l'évêque Épiphane.
Église d'Alexandrie : IIe siècle: la vierge Eugénie, ses parents et ses frères; IIIe siècle: le martyr Antonin ; IVe siècle: les patriarches Pierre et Athanase, le diacre Absalon, les martyrs Varus, Théophyle de Lybie, Mennas d'Egypte, Mennas d'Alexandrie et ses compagnons, et la vierge Catherine; ve siècle: le patriarche Cyrille. Viennent ensuite les cénobiarques Antoine et Onuphrius, et un groupe de treize anachorètes de la Thébaïde, mentionnés nominativement, avec l'addition: Et autres. Église d'Éthiopie: Ve siècle: le martyr Kharitas et ses dix-mille compagnons.
Église de Césarée, IIe siècle: le martyr Romulus ; IIIe siècle: les martyrs Polyeucte, Mercure et Mamas ; IVe siècle: les évêques Basile le Grand, et Grégoire de Nysse, les martyrs Gordius, Eudoxius et ses compagnons, Andreas et sa légion.
Église de Sébaste, IIIe siècle: l'évêque Grégoire de Néocésarée ; IVe siècle: les évêques Blaise et Athénagène avec ses compagnons, les quarante martyrs de Sébaste, les quarante-cinq martyrs de Nicopolis, les deux Théodores, et les martyrs Sévérien et Eustratius avec ses compagnons. Église de Lycaonie, IIIe siècle: les martyrs Triphon, et Philictimon; IVe siècle: le martyr Théoditon et ses compagnons, la martyre Juliette et son fils, la vierge Marguerite.
Église du Pont, Ile siècle: l'évêque Phocas; IIIe siècle : le martyr Acacius; IVe siècle: les martyrs Valère, Candide et Aquilas.
Église d'Éphèse, IIe siècle: l'évêque Polycarpe et les martyrs de Smyrne; IIIe siècle: le prêtre Pion, le martyr Thémistocle, et les sept Dormants; IVe siècle: les évêques Nicolas de Myre, Myron de Candie, et le martyr Adoctus .
Église de Constantinople, IVe siècle: les patriarches Mitrophanés, Alexandre, Paul et Grégoire le Théologue, les syncèles Marcien et Martyron, les empereurs Constantin et Théodose, l'impératrice Hélène, la vierge Euphémie, et le confesseur Jean; Ve siècle: le patriarche Jean Chrysostome et la vierge Euphrasie.
Église de Thessalie, IVe siècle: l'évêque Irénée de Sirmium, le prêtre Mocimas, et le martyr Démètre.
Église de Galatie, IIIe siècle: le martyr Eleuthère ; IVe siècle: l'évêque Clément, le prêtre Basilisque, les martyrs Platon et Thiodite, la vierge Barbara et les sept Vierges martyres. Église de Bythinie : IIIe siècle: le martyr Quadratus ; IVe siècle: les évêques Antime et Théopompe, les prêtres lc:llnolaus et Clericus, les martyrs Georges, Pantaléon, Anicète, Photin, Adrien et sa femme, Eulampius et sa soeur, Théonas, Indus, Domnas, Bassus et ses trois compagnons, Babylas et ses élèves, ainsi que les vingt mille victimes brûlées vives dans l'église de Nicomédie, et les vierges Julienne et Basilisse.église de Rome, Ile siècle: les évêques Pancrace de Taormine, et Irénée de Lyon, le martyr Eustache et sa famille, la martyre Sophie et ses filles; IIIe siècle: le patriarche Etienne et ses compagnons, le martyr Callistrate et ses compagnons, le confesseur Alexien; IVe siècle : le pontife Sylvestre, et l'évêque Janvier .
Église d'Afrique, IIIe siècle: l'évêque Cyprien, et la vierge Justine. Église de Perse, IVe siècle: les évêques Marc, Mélèce et Acephsime, les prêtres Joseph et Buras, les diacres Ayithalas et Sénés, les martyrs Serge, son fils et ses compagnons; ve siècle: le diacre Benjamin, les martyrs Ormisde, Sayen et Jakovik; VIe siècle: le prêtre Anastase, et le martyr Abdulmessih.
Nous avons réservé pour la fin la liste des saints appartenant en propre à l'église arménienne, parmi lesquels il n'y a que le patriarche Grégoire l'Illuminateur qui soit reconnu par les autres communions. L'église arménienne lui a consacré trois fêtes, dont une de précepte. ler siècle: l'évêque Addèe d'Edesse, le roi Abgar, et la princesse Sandouhte. IIe siècle: les martyrs Oski et ses quatre compagnons, Sukias et ses dix-huit compagnons. IVe siècle: les vierges Rhipsimée et ses trente-trois compagnes, Gaïanée et ses deux compagnes, Nounée et Manée; les patriarches Aristakés, Vertanés, Houssik et Nersés; les évêques Grigoris, Daniel et Khath; le roi Tiridate, la
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reine Aschkhène, la princesse Khosrovidouhte, les anachorètes Antoine et Kronidés, les martyrs Etienne d'Ulnie (Zeytoun) et ses compagnons. ve siècle: les patriarches Isaac et Joseph, le grand docteur Mesrop, les évêques Isaac et Thathik, les docteurs Élisée, Moïse et David, les prêtres Léonce, Mouschegh, Arschène, Samuel, Abraham et Khorène, les diacres Katchatch et Abraham, les martyrs Atom et sa légion, Vardan et ses mille trente-cinq compagnons; les anachorètes Thathoul, Varus et Thomas, la martyre Suzanne. VIe siècle: les sept anachorètes Khotadjarak, et les martyrs Grigor-Rajik et Adéodat. VIle siècle: le martyr David de Douine. VIIIe siècle: le prince Vahan de Golthn, les satrapes Sahak et Hamazasb Ardzrounis, le patriarche Hovhannès III d'Otzoun. IXe siècle: les princes Isaac et Joseph. Xe siècle: le docteur Grigor de Narek. XIIe siècle: le patriarche Nersès IV Schinorhali, et le martyr Goharin et ses compagnons. XIVe siècle: le docteur Hovhannès d'Orotn. XVe siècle: le docteur Grigor de Tathev. En clôturant cette liste, citons un rite propre à l'église arménienne, qui a institué trois fêtes spéciales pour commémorer les saints conciles de Nicée, de Constantinople et d'Éphèse. On a pu remarquer que les saints appartenant aux autres églises, et qui, dans l'église arménienne, sont l'objet d'un culte, sont antérieurs à la moitié du Ve siècle. Il peuvent, à ce titre, être considérés effectivement comme appartenant en commun à l'église universelle. Le nombre des saints admis aux honneurs des autels postérieurement à cette date n'est que d'une douzaine, et seulement parce que leurs mérites sont universellement reconnus
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LITTERATURE

XL. APERÇU GÉNÉRAL

Nous avons eu déjà l'occasion de donner dans le cours du présent ouvrage de brèves indications sur la littérature arménienne. Sans vouloir revenir sur ce sujet, nous nous permettrons seulement d'attirer l'attention du lecteur sur son caractère qui est éminemment religieux. S'il est vrai qu'une étroite corrélation subsiste entre la vie d'une nation et l'expression littéraire de sa pensée, on ne peut nier que le caractère ecclésiastique, dont la littérature arménienne est pénétrée, n'ait contribué à la conservation de la conscience nationale. La vie politique de cette nation s'est éteinte il y a plusieurs siècles. Par suite de ses émigrations perpétuelles elle a perdu même l'avantage d'une existence concentrée ; et pourtant, quoique dispersée et amoindrie, elle est encore là gardant son nom, sa langue et ses traditions. J'ajouterai même qu'elle donne, à l'heure où j'écris ces lignes, des marques évidentes d'une vitalité parfaite. Cet étonnant phénomène de survie ne peut s'expliquer que par la vertu agissante de la langue et de la liturgie écrites: force impondérable, qui a résisté à l'action du temps et aux vicissitudes des révolutions asiatiques . Les sentiments et Ies affections sont par eux-mêmes trop transitoires et précaires, pour assurer aux collectivités une pratique et durable. Une force toujours active est indispensable pour maintenir la cohésion des membres qui les composent. Cette force, l'Arménie l'a puisée dans sa littérature. Elle lui a servi de centre de ralliement, alors qu'elle était dépourvue de liens politiques. Il y a quelque chose de providentiel dans ce fait, que Ies débuts de sa littérature aient coïncidé juste au moment où la vie politique se retirait d'elle. Il semble que S. Sahak et S. Mesrop aient eu la prescience du danger national, quand ils ont combiné l'alphabet arménien. C'est à ces deux ecclésiastiques, dont la vocation témoigne de leur ardeur spirituelle qu'est due cette merveilleuse invention dont les conséquences ont été si fécondes. Elle a donné d'abord à l'église une langue, des rites, et un rituel propres, toutes conditions indispcnsables à son existence. Elle a procuré à la race qu'elle a groupée dans son sein les moyens de sauvegarder et d'alimenter indéfiniment sa vitallité sociale. C'est par elle que l'individu a pu conserver et cultiver d.une manière énergique son identité, au point de conjurer les dangers qui ont périodiquement menacé la natioc d.une extinction complète. Le développement de cette littérature n'a guère cessé de présenter le caractère religieux qui a signalé ses débuts. Les écrivains arméniens sont d'accord pour dire qu'elle a eu un âge d'or et un âge d’argent; mais ils varient sur l'époque où il convient de placer exactement ces deux âges. Cependant ils croient pouvoir les fixer dans la période comprise entre le Ve et le XIle siècle. Or, on remarquera que pendant ce long espace de huit siècles, on ne compte parmi les cinquante écrivains connus, que deux seuls laïques, le prince Grigor Maguistros et le médecin Mekhitar de Her. On cite également Schapouh Bagratouni, qui vivait au IXe siècle, mais son histoire, qu'il aurait écrite en langue vulgaire, ne nous est point parvenue. Cette littérature se compose en majeure partie de manuels d'église, comme la traduction de la bible et les rituels, qui sont écrits dans la plus pure langue classique, contrairement à ce qu'on observe ailleurs, où les livres sacrés marquent la décadence de la langue. A côté de ce groupe d'ouvrages, on peut citer la collection des pères de l'église. A peu de choses près, les traductions de toutes les ceuvres d'Ignace d'Antioche, d'Irénée de Lugdune, de Grégoire de Néocésarée, d'Athanase d'Alexandrie, de Théophane de Chypre, d'Eusèbe de Césarée, de Procle de Constantinople, de Cyrille de Jérusalem, de Basile de Césarée, de Grégoire de Nazianze, de Séverien d'Émesse, de Grégoire de Nysse, de Jean Chrysostome, d'Ephrem le Syrien, sont des modèles de style soutenu. Des membres du clergé traduisaient en même temps les livres des philosophes : Aristote, Platon, Denis, Justin, Porphyre, PhiIon, Aristide, Piside. C'est ainsi que l'église contribuait par ses travaux non seulement à l'édification, mais à l'instruction générale de la nation. Les livres d'histoire, dont le nombre est considérable, sont également dus à la science d'ecclésiastiques, tels que: Moïse de Khorène, Lazare
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de Parpi, Élysée vardapet, Koriun Skantchéli, Hovhannès le catholicos, Stépanos Orbélian, Guévond vardapet, Stépanos Assoghik, et bien d'autres qu'il serait fastidieux d'énumérer. Il en fut de même des livres d’Agathange, de Zénob et de Fauste de Byzance, qu'on présume être des traductions. On voit, par ces exemples, que la meilleure époque de la littérature arménienne est exclusivement remplie par les oeuvres du clergé. Comme on l'a vu dans la partie historique, la période comprise entre le XIIe et le XVIIe siècles fut pour la nation arménienne un temps de décadence sociale. Sa littérature se ressent de la déchéance des esprits. Les quelques écrits qui nous sont parvenus de cette époque, sont également dus au clergé. Celui-ci eut, de plus, le mérite de ne point négliger l'éducation du peupIe. Il accomplit cette tâche, dans la mesure où les circonstances le lui permirent, car l'on sait qu'il eut à lutter souvent contre des obstacles insurmontables. A cette même époque vivaient le médecin Amir Dolvat et le fonctionnaire Yérémia Keumurdjian, qui comptent parmi les rares écrivains laïques. Malgré la qualité inférieure de tous ces écrits, ils ne laissent pas néanmoins d'être intéressants au point de vue de l'histoire des moeurs et de l'esprit du temps, dont ils sont le fidèle reflet. Ils constituent également une source de précieux renseignements sur les événements d'une époque encore fort peu connue. C'est au clergé que revient également le mérite d'avoir conservé les ouvrages des âges précédents, par le soin, qu'il prit, d'en multiplier les copies manuscrites. Celles que nous possédons remontent en totalité à cette période de décadence; car les manuscrits anciens sont des plus rares.
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XLI. DERNIERS SYMPTOMES

A partir du XVIIIe siècle, la littérature entre dans une phase de renaissance. Mais le clergé ne cesse de tenir la tête du mouvement intellectuel, et tout progrès, comme toute amélioration sociale, tlartent de son initiative. Vardan, Golod et Nalian en Orient, Mekhitar et Khatchatour en Occident, déploient les plus louables efforts, non seulement pour régénérer la littérature nationale, mais pour propager l'éducation parmi le peuple et l'instruction au sein du clergé. Ies livres se multiplient alors d'une manière inespérée, grâce à l'usage de l'imprimerie qui se répand de plus en plus en Orient. Le peuple est enfin appelé à participer aux bienfaits de l'instruction. Une multitude d'écrivains s'illustrent dans tous les rangs des classes sociales. Fait inouï: les laïques commencent eux-mêmes à se livrer à l'enseignement, qui, jusqu'alors, avait été le monopole exclusif des ecclésiastiques. Dans cette société, qui se régénère, apparaît une classe spéciale d'enseignants, qu'on désigne sous le titre pompeux de Patvéli (honorable). Depuis, rien n'a ralenti cette marche vers le progrès; l'ascension des esprits s'est effectuée d'une manière sûre et continuelle, suivant le mouvement général du siècle. Comme la littérature religieuse est la seule qui nous occupe ici, nous devons ajouter que si les ceuvres, qu'elle a données, sont abondantes, elles sont loin d'être aussi satisfaisantes qu'on pourrait le désirer. Le père Mikaël Tchamtchian, des Mekhitaristes de Venise, a eu le mérite de restaurer les études historiques, mais force est de convenir que son histoire nationale laisse à désirer au point de vue de l'esprit critique et de ses relations avec l'histoire généraie. Les études sur les origines de la nation sont encore très incomplètes. L'histoire de l'église elle-même se ressent des lacunes de cet enseignement, qui en est encore à ses débuts. D'autre part, les congrégations Mekhitaristes de Venise et de Vienne, auxquelles on ne saurait refuser le mérite d'avoir contribué efficacement au développement des lettres, n'ont pu échapper à cet esprit de particularisme qui les éloigne de l'église arménienne. Les séminaires d'Etchmiadzine et d'Armache ont entrepris récemment des travaux critiques, pour démontrer le caractère pur et authentique de cette église que les auteurs catholiques ont essayé de déplacer au point de la rendre méconnaissable. Les facilités de communications avec l'Europe moderne ont jeté les Arméniens de ces derniers temps dans le courant des idées modernes, où se laissent entraîner principalement les races latines de l'Europe. Cette circonstance a donné lieu à l'éclosion d'opinions et d'idées antireligieuses, qui se sont traduites par des pamphlets dirigés contre l'église. Celle-ci, obligée de se défendre, s'est engagée dans une voie nouvelle, qui est celle de l'apologie. Il en est résulté un plus grand effort pour arriver à élever le niveau intellectuel du clergé, auquel incombe le désir de combattre ces tendances audacieuses. On peut penser cependant que ces mesures sont superflues, car l'église arménienne se trouve sur un terrain trop solide, et son esprit de tolérance est par trop évident pour qu'elle ait à redouter les assauts d'une irréligiosité qu'elle n'a pas provoquée. Ceux des Arméniens qui croient servir la cause de la liberté par leurs opinions exaltées, paraissent ignorer quels sont au juste l'esprit et la doctrine de leur église. Ils ignorent que les tendances antireligieuses et anticléricales n'ont pas naissance que dans les pays où domine le catholicisme romain; tendances, qu'il a provoquées par ses exagérations irréfléchies. D'une façon générale les pays protestants sont à l'abri de ces excès, sans doute à cause du libéralisme professé par la religion dominante. Les Anglo-Saxons, qu'on peut considérer comme les pionniers de la liberté, sont en même temps sincèrement attachés à la foi. L'exposé que nous avons fait de notre doctrine nous donne le droit d'affirmer qu'en matière de libéralisme et de tolérance religieuse, l'Eglise arménienne ne le cède à aucune autre, si toutefois elle ne leur est pas supérieure. Rien n'est plus aisé pour un écrivain arménien, que la défense de son église en particulier, et de la religion en général, contre les attaques de ce qu'on appelle l'esprit moderne. Pour cela, il lui suffit de mettre en lumière ses principes et sa doctrine, d'éliminer tout ce qui est d'importation étrangère, de suivre strictement la règle tracée par ses anciens docteurs, de garder en toute chose le sens de la tradition, et de maintenir enfin la féconde et légitime collaboration du clergé et des laïques qui est dans son esprit et dans ses institutions. De soi-même naitra alors la conviction due le christianisme, qui a apporté la lumière de la liberté au monde, ne saurait être hostile au progrès de la raison humaine.
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LE PRESENT

XLII. L'ASPECT EXTÉRIEUR

Tout ce que nous venons d'exposer se rapporte principalement au passé de l'église arménienne. Les lecteurs sont maintenant quelque peu renseignés sur ses débuts, son commencement et les vicissitudes de son histoire. Jusqu'à ce jour elle était, je ne dirai pas totalement ignorée, mais assurément fort peu connue. Après avoir raconté son passé nous allons maintellant exposer en quelques mots sa situation présente. La chrétienté entière se partage en quatre branches savoir: branches catholique et protestante, en Occident branches dyophysite et monophysite, en Orient. Nous nt ferons aucune difficulté pour reconnaître que cette dernière n'a plus le prestige que donnent le nombre et Ia puissance. Elle ne peut plus se prévaloir que de celui de son antiquité. l.'église arménienne, qui appartient à cette branche, occupe la première place parmi les divers groupe dont elle se partage. La communion dans la foi et dans Ia charité spirituelle ne cesse de les unir entre elles; car le canons de l'église primitive n'exigent point une centralisation d'administration. C'est ainsi que les églises syrienne copte et abyssinienne conservent leur hiérarchie autocéphale. Il est d'usage de comprendre aussi dans ce groupe l'église chaldéenne, bien que sa profession de foi ne soit pas identique aux précédentes. Cette assimilation a été provoquée par le gouvernement ottoman, qui l'a, de sa propre autorité, rattaché au commencement au patriarcat arménien. L'église arménienne a donc un caractère essentiellement national, suivant le type idéal ancien. Elle reconnaît pour centre et dépositaire du pouvoir suprême le catholicos, qui siège à Etchmiadzine, et dont la juridiction s'étend sur l'universalité des fidèles arméniens dispersés à travers le monde; tous sont également les brebis du même troupeau. Nous ne reviendrons pas sur une question que nous croyons avoir déjà suffisamment traitée, savoir la distribution des diocèses et des sièges secondaires, ni sur les questions relatives à la discipline observée dans l'administration ecclésiastique. Nous nous bornerons à dire, à ce sujet , que les diocèses de Russie suivent Ies dispositions du règlement de 1836, dénommé Bologénia, lequel a été Confirmé par ukase impérial; tandis qu'en Turquie prévalent les dispositions du règlement de 1860, connu sous le nom de Sahmanadrouthiun, et qu'a sanctionné un iradé impérial. Ces règlements, quoique basés sur les canons et les usages anciens, ont été mis en harmonie avec les droits politiques modernes. Ils contiennent néanmoins divers privilèges, qui constituent, en faveur des ecclésiastiques, autant de droits exceptionnels. Cette situation, le nouveau régime constitutionnel, qui vient d'être introduit en Russie et en Turquie, refuse de l'admettre, et la politique de ces deux gouvernements s'applique à la supprimer. Il en est résulté par suite un conflit latent entre les pouvoirs politiques et les pouvoirs ecclésiastiques de ces deux pays. Mais ces derniers pouvoirs forts de leurs droits acquis, entendent garder leurs privilèges aussi longtemps que la Russie et la Turquie maintiendront, l'une à l'orthodoxie et l'autre à l'islamisme, les bénéfices d'une situation privilégiée. Si l'on faisait état des données historiques sur la situation de l'église arménienne, le nombre de ses fidèles se serait élevé jadis à une trentaine de millions, au moins. Aujourd'hui, il n'est plus que de quatre millions. Cependant ce chiffre n'est qu'approximatif, car aucune statistique officielle n'a pu encore être établie par les chancelleries diocésaines. Les émigrations et les massacres périodiques, ainsi que les conversions et la fusion des convertis avec les éléments hétérogènes et les races environnantes, sont causes de cette énorme diminution. Nous comptons d'ailleurs donner, à la fin de ce volume, une statistique approximative de la population par diocèses.
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XLIII. LES DIVERS ÉLÉMENTS

L'esprit de tolérance religieuse, avons-nous dit, a singulièrement facilité le passage des Arméniens à d'autres professions de foi chrétienne. Nous passerons sous silence les conversions à l'islamisme, dues, principalement, à l'action directe des pouvoirs publics. Les descendants de ces convertis, entièrement acquis à l'islamisme, ne sont plus arméniens. Ils sont allés grossir les contingents des populations turques et kurdes de l'empire ottoman. La plus ancienne fraction détachée de l'église arménienne est celle des arméno-grecs (haïhorom), dont la scission remonte à la domination byzantine. Jadis, elle était fort nombreuse; mais aujourd'hui elle est réduite à peu de chose, à une dizaine de mille environ. Dispersés dans les diocèses d'Eghine, d'Ismidt et de Keghy, ils conservent le souvenir de leur origine, et les vieillards entendent encore la langue de leurs aïeux. Les anciens arméno-grecs, incorporés et fondus, au fur et à mesure, dans l'élément grec, ne possèdent plus aucun aspect extérieur ou religieux de leur nationalité originelle. On a pu craindre un instant que la domination russe au Caucase n'arrivât à grouper, par voie d'absorption, une communauté arméno-russe; mais les essais, que le pravoslavisme a tentés dans ce sens, n'ont eu aucun succès, à l'exception d'un village du Caucase, et de quelques familles dans les capitales qui se sont laissés gagner . Le prosélytisme catholico-romain a été plus heureux. Il a réussi à former une communauté indépendante, qui a été reconnue par le gouvernement. Ce succès est dû à l'ascendant politique des puissances catholiques et aux subsides de la Propagande. Il a été singulièrement favorisé aussi par la tactique de la curie romaine, qui, à quelques modifications près, a autorisé les éléments convertis à faire usage du rite arménien. Les premiers missionnaires cependant avaient formé le projet de lui substituer les rituels latins traduits en arménien; mais ils durent y renoncer à cause de la vive opposition qu'il souleva. La curie de Rome recourut alors à un autre expédient. Elle publia une édition spéciale des rituels arméniens, où le texte, en apparence respecté, était de beaucoup altéré. Cet expédient n'ayant guère eu plus de succès, elle s'est résignée à introduire des interventions arbitraires et forcées au texte primitif. Cela lui a mieux réussi. Les débris des premières conversions, qui remontent au XVIe siècle, vivaient dispersés en Cilicie et en Arménie, lorsqu'au début du XVIIIe siècle fut inaugurée à Constantinople, la vigoureuse campagne de prosélytisme, qui partagea la nation en deux camps. Les congrégations des Mekhitaristes et des Antonins, et un siège hiérarchique, fondés à cette époque, aidèrent puissamment au mouvement. Il grandit si bien que les arméno-catholiques ont fini, grâce à l'approbation du sultan par se constituer en Turquie en nationalité (millet), et en hiérarchie spéciale. En Russie, les arméno-catholiques forment une communauté à part, mais ils sont soumis à l'évêché latin de Saratov. On en compte également un certain nombre en Galicie et en Hongrie; toutefois ils n'ont aucune relation avec leurs coreligionaires d'Orient. Le nombre total des arméno-catholiques répandus. dans le monde peut être évalué à deux cent mille. environ. Les villes de Turquie, où ils comptent Je plus d'adhérents, sont: Constantinople, Angora, Alep, Mardin et Khotortchour; Akhalzikhé, au Caucase et Lemberg, en Galicie. La communauté arméno-protestante est de date récente. La prétention, qu'émettent quelques-uns des ses membres, de descendre des Thondrakiens ou Pauliciens d'Arménie, est purement chimérique. Il est avéré que ces vieilles sectes n'ont point laissé de descendants en Orient. Nous n'apprendrons rien à personne en disant, que le protestantisme oriental n'est qu'une importation de missionnaires américains. Ces derniers, encouragés par les succès des arménocatholiques, ont essayé de former une nationalité (millet) spéciale en Turquie, avec les droits y afférents. Leur nombre, qui atteint approximati vement quatre-vingt mille individus, forme un certain nombre de petites agglomérations dispersées dans l'empire. Ils sont groupés principalement autour de leurs institutions de Kharpout, d' Aïntab et de Merzifoun, fond ées et entretenues par lies oeuvres américaines. Leur l'rofession de foi s'inspire des principes de l'église évangélique ; seuls quelques rares individus appartiennent aux professions épiscopale et baptiste. Les arméno-protestants sont aliministrés par des missionnaires américains et vivent en partie lies ressources que ces derniers leur procurent. Nous devons signaler également l'existence, dans le Caucase, d'un
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groupe de quelques milliers de protestants arméniens, mais comme ils n'ont pas d'existence propre, ils se confondent avec la communauté étrangère. Ajoutons enfin que catholiques et protestants sont administrés en Turquie par des règlements intérieurs, que le gouvernement ottoman n'a point confirmés.
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XLIV. LE CARACTÈRE NATIONAL

Tous les voyageurs, qui ont étudié de près le vieil Orient, ont porté le jugement le plus favorable sur le caractère de l'Arménien. Tous sont d'accord pour lui reconnaître des qualités d'intelligence et de souplesse. Mais le trait qui le caractérise d'une manière particulière, c'est son esprit éveillé et entreprenant, qui lui a permis de traverser, à peu près indemne, les situations les plus difficiles et les plus dissolvantes. On peut résumer son histoire, en disant qu'elle apparaît aussi obscure dans son commencement, qu'éphémère dans sa prospérité, et, pour le reste, qu'elle n'a jamais cessé d'être traversée de dramatiques péripéties. Les incursions, les ravages, les vexations et les massacres font de cette histoire un long martyrologe. Et pourtant l'Arménien ne s'est laissé jamais abattre par le désespoir, ni par ce qu'on appelle l'indolence orientale; il a toujours su mettre à profit les circonstances qui s'offraient à son activité, pour utiliser ses aptitudes naturelles ou acquises. En dépit des obstacles et des entraves, il a su jouer un rôle actif auprès de ses dominateurs, et s'élever aux plus hautes situations dans les pays où il a émigré. Il a cultivé avec un égal succès toutes les branches de l'activité humaine. Il a excellé dans le commerce, dans l'industrie, dans les arts et dans les sciences. Dès la plus haute antiquité, le commerce de l'Asie était entre ses mains; les produits de l'industrie arménienne figuraient sur les marchés de Tyr et de Babylone. Au Moyen Age, les villes libres arméniennes de Pologne et de Hongrie étaient des centres d'activité et de progrès. On ignore généralement que la compagnie anglaise des Indes n'a fait qu'hériter d'une situation créée par une compagnie arménienne, qui jouissait de pouvoirs civils et militaires. D'autre part, c'est un fait notoire que les populations arméniennes qui, à différentes époques de l'histoire, ont été arrachées de leur territoire pour être transportées en Turquie ou en Russie, ont puissamment contribué à la prospérité de ces Etats. Les plus belles ceuvres d'architecture, les institutions les plus utiles de l'empire ottoman sont l'ceuvre d'Arméniens. On leur doit les finances, la monnaie la fabrication des poudres, ainsi que les services administratifs de l'armée; ce qu'on appelle d'une manière vague l'art oriental, si charmant dans sa fantaisie, est en grande partie le fruit de leur imagination et de leur génie. Plus d'un Arménien a brillé dans les emplois civils et dans les charges militaires. Les plus grandes victoires des armées russes ont été remportées par des généraux arméniens. C'est à un .diplomate arménien qu'est due incontestablement la régénération de l'Égypte nouvelle. Le réveil de la liberté en Orient a eu pour précurseur cette nation, qui n'a atteint son but qu'au prix des plus grands sacrifices; on peut même dire qu'elle en paie encore la rançon. L'énumération des services qu'elle a rendus au monde oriental serait trop longue, si l'on voulait passer en revue tout ce qu'elle a fait; on y verrait avec quel zèle et quel inlassable dévouement elle s'est attachée à servir un idéal qui n'était pas le sien, et cela par esprit de fidélité et pour satisfaire à un besoin d'activité et de progrès. Malheureusement, les choses changent d'aspect, quand on considère cette nation dans son ensemble, et qu'on examine de près ce qu'elle a fait, ou ce qu'elle a été jadis comme peuple. Une navrante impression de découragement se dégage de cet examen. Certes, la cause première de ces malheurs réside dans la situation topographique de son antique domaine. L'Arménie, privée de débouchés maritimes et fluviaux, exposée de tous côtés aux incursions de ses voisins, contre lesquels elle n'a pu jamais opposer que des forces insuffisantes, s'est trouvée à la merci de toutes les vexations. Mais cette circonstance peut-elle excuser les défaillances collectives ? Vainement chercherait-on dans son histoire une trace des brillantes qualités dont les Arméniens font preuve comme individus. Ces qualités ont toujours été neutralisées par les pressions du moment, faites de jalousie et d'ambitions effrénées. Les exemples, à jamais regrettables, de ces défauts, qui ont engendré d'inexcusables dissensions et conduit à la ruine définitive, n'y sont que trop fréquents. Qu'on se rappelle la fin des Arsacides, la journée d'Avaraïr, et la dramatique chute d'Ani. Les vivacités d'esprit et l'audace dans les desseins, souvent utiles dans les circonstances exceptionnelles, sont généralement nuisibles, quand elles ne sont pas dominées par la prudence; elles font avorter les plus sages entreprises. Là est la cause de la plupart des insuccès, dont cette nation a fait souvent la cruelle expérience. Des deux causes, l'une physique et l'autre morale, qui ont concouru à sa ruine, il serait bien difficile de
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dire quelle fut la plus active. Assurément, l'influence des causes physiques est indéniable; mais pour y remédier les Arméniens ont-ils fait ce qu'ils devaient? En présence des grands dangers, qui les pressaient de toute part, n'auraient-ils pas dû se fortifier de prudence et de modération, faire appel à l'union et à la concorde ? C'est par la coopération et la cohésion de toute les forces disponibles, qu'ils auraient pu prévenir les calamités les plus redoutables qui aient jamais pesé sur les destinées d'une race.
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XLV. L'INFLUENCE DE L'ÉGLISE

Pour rester fidèle à notre sujet, nous allons jeter un rapide coup d'oeil sur l'influence exercée par l'église dans la vie du peuple arménien. II est de mode en ce moment d'attaquer per las et nelas les abus des ministres du culte, pour en tirer des conclusions contre l'église elle-même. Ces détracteurs semblent ignorer que le progrès social dont ils sont fiers est le fruit du génie chrétien et que les principes de liberté ont été, pour la première fois, proclamés par la religion du Christ; que toutes les améliorations réalisées dans le monde y ont puisé leur principe et leur force. Ce qui est vrai pour l'église chrétienne en général s'est vérifié d'une manière éclatante pour l'église arménienne en particulier. On a imaginé d'imputer la décadence de l'Arménie à sa conversion au christianisme. On a invoqué une coïncidence de date pour prouver cette assertion, sans s'apercevoir qu'un siècle et demi sépare les deux événements. Un simple examen des faits indique que les symptômes de sa décadence politique sont antérieurs au IVe siècle. Ils ont eu pour point de départ la rivalité des Romains et des Parthes, cela ne saurait faire aucun doute. De sorte qu'on peut affirmer que l'avènement du christianisme, loin de précipiter sa chute, eut au contraire le mérite de la retarder d'un siècle et demi. Il n'y a là d'ailleurs rien que de très naturel car, pour supposer le contraire, il faudrait admettre que la barbarie est plus utile à la vie des peuples que tout autre système. D'aucuns ont estimé que les guerres de religion du Ve siècle auraient constitué une faute, et que la soumission à la religion de Zoroastre eût été plus profitable aux destinées de la nation. Ils semblent ignorer que la tactique des Perses, en imposant leur religion, n'avait d'autre but que d'absorber les races dont ils faisaient la conquête. En se soumettant, les Arméniens n'auraient pas manqué de subir le sort de celles qui embrassèrent cette religion. Rien plus n'existe d'elles, pas même le nom. D'autres ont essayé de prouver que la nation aurait été favorisée d'un meilleur sort si elle s'était convertie en masse à l'islamisme. On ne voit pas bien clairement quel avantage cette conversion lui aurait procuré. Depuis la conquête, le nombre des convertis a été considérable; les uns ont passé à cette religion par intérêt, les autres par contrainte. Que sont-ils devenus ? Tous se sont fondus dans la masse des populations turque et kurde. Le fait évident qui domine toutes les arguties, c'est que le nom d'Arménien n'est porté que par ceux qui sont restés fidèles à la foi du Christ. On a voulu également incriminer les Arméniens de leur attachement à l'église nationale, pensant que leur situation se fût améliorée s'ils avaient adopté le catholicisme romain; ils se seraient ainsi aménagé l'appui des puissances catholiques. Pour montrer combien grande est cette erreur, on n'aurait qu'à invoquer les événements qui marquèrent les derniers jours du royaume de Cilicie. Ils démontreraient que sa chute doit être précisément attribuée au rapprochement qui s'était opéré avec les Latins. Il n'est pas difficile de s'apercevoir également que les Arméniens, qui ont passé sans restriction au catholicisme romain, ont fini par oublier leur origine ; que les arménocatholiques de Turquie, eux-mêmes, qui jouissent du bénéfice d'une communauté autonome, ne cessent de vivre en lutte ouverte avec la papauté, qui vise à altérer le caractère de leur nationalité. Tous ces faits témoignent, d'une manière absolue, que l'église nationale a été le seul lien qui a uni en un faisceau indestructible les débris dispersés de la race de Haïk. Elle lui a donné, indiscutablement, non seulement des éléments de vitalité intérieure, mais les moyens de les extérioriser et de les entretenir par la pratique et l'exercice. Elle a fait d'eux un corps distinct, toujours identique à lui-même à travers l'espace et le temps. Dépourvue, depuis pIusieurs siècles, de vie politique, la nation s'est attachée à elle, comme à une ancre de salut, et c'est ainsi qu'elle a pu triompher des difficultés qui l'ont assaillie, bien qu'elle sorte de cette lutte affaiblie et diminuée, Cette force, qui a exercé dans le passé une action si efficace sur ses destinées, ne cesse d'agir. Elle agira aussi longtemps que les circonstances lui en feront une loi. L'expérience prouve qu'à défaut de lien politique, l'église nationale est seule capable de suppléer à tout. Elle est l'âme visible de la patrie absente, la dispensatrice des suprêmes satisfactions. En ces dernières années il n'a été bruit en certains milieux que de prétendues manoeuvres arméniennes qui tendraient à revendiquer une autonomie politique. Les deux empires voisins, où les Arméniens se trouvent disséminés, en ont pris prétexte pour user
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d'une impitoyable rigueur à leur égard. En bonne justice, peut-on blàmer cette nation de nourrir des aspirations de ce genre ? Tout désir d'amélioration n'est-il pas naturel et imprescriptible ? Mais, si le sentiment est spontané, la raison est là pour le guider. Les Arméniens ont un sentiment trop net des réalités pour s'égarer dans de dangereuses utopies. Peuvent-ils ignorer que le sol de leur patrie se trouve partagé entre trois puissances, et qu'ils sont eux-mêmes dispersés dans tous les coins du monde? Que leur centre intellectuel, financier, en un mot, leurs moyens d'action se trouvent partout, excepté aux lieux où ils pourraient s'employer utilement? Etant donné ces difficultés, peuvent-ils se faire illusion sur la possibilité de réaliser des vues politiques, de quelque nature qu'elles soient? On ne saurait le supposer sans faire injure au bon sens de la race. L'Arménien peut supporter, à la rigueur, qu'on l'accuse de tendances libérales, voire patriotiques, encore que ces accusations soient sans fondement, mais il ne tolère point qu'on le taxe d'ignorance ou d'imbécilité. A vrai dire, tout bon Arménien n'est dominé que par l'unique désir de vivre en paix avec ses voisins. Ce qu'il demande, c'est qu'on n'attente point à sa vie, à son honneur, à ses biens, à son travail; comme le reste des hommes, il entend jouir en paix du fruit de son activité et des avantages naturels qu'on reconnaît aux peuples au milieu desquels il vit. A ce désir légitime, il joint celui de garder son identité de race, sa langue et sa littérature. C'est pour s'assurer la possession de ces biens, pieux héritage de ses ancêtres, qu'il s'est réfugié au sein de l'église nationale, qu'il veut intangible avec ses institutions, ses attributions et l'intégrité des privilèges acquis. Il a la conviction que l'église, qui l'a protégé dans le passé, le protègera dans l'avenir.
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APPENDICE I - CHRONOLOGIE DES PATRIARCHES SUPREMES

(N. B. Les dates sont d'après le vieux style).
I. S. THADÉE, évangélise l'Arménie en y pénétrant par le nord. Il est martyrisé à Ardaze vers l'an 50. Son tombeau est vénéré à Magou. L'histoire de Thadée Dydimus, venant d'Edesse, soulève des difficultés critiques.
II. S. BARTHÉLEMY, apôtre, évangélise après Thadée; martyrisé, à Albacus, vers 68. Son tombeau est vénéré à BaschkaIé .
l I I. S. ZAKARIA, discipIe de S. Thadée, devient le chef de l'église après ces deux apôtres; martyrisé vers 76.
IV. S. ZÉMENTOS, disciples des mêmes apôtres, gouverne pendant 4 ans; décédé vers 81.
V. S. ATIRNERSEH, gouverne pendant 15 ans, martyrisé vers 97 .
VI. S. MOUSCHÉ, passe du siège de Sunik à celui d'Ardaze ; il gouverne pendant 30 ans; décédé vers 128.
VII. S. SCHAHEN, gouverne pendant 25 ans; décédé vers 154.
VIII. S. SCHAVARSCHE , gouverne pendant 20 ans; décédé vers 175.
IX. S. GHEVONDJOS, gouverne pendant 17 ans; martyrisé vers 193. Les noms de ses successeurs ne nous sont pas parvenus, mais la succession est prouvée par la tradition du siège de Sunik.
X. S. MEHROUJAN, aurait occupé le siège d'Ardaze entre 230 et 260.
1. S. GRIGOR I. Loussavoritch, évangélise en 301, consacré en 302; fondation d'Etchmiadzine en 303, décédé en 325, à l'âge de 86 ans environ.
2. S. ARISTAKES I. Parthev, coadjuteur de son père depuis 306; est présent au concile de Nicée en 325; au retour succède à son père; martyrisé en 333.
3. S. VERTANÉS I. Parthev, fils aîné de S. Grigor, succède à son frère en 333; décédé en 341, à l'âge de 80 ans. S. Grigoris, fils de Vertanés, exarque de l'Albanie Caspienne, est martyrisé en 337.
4. S. HOUSSIK I. Parthev, fils de Vertanès, succède à son père en 341; martyrisé en 347. S. Daniel, préconisé à la succession, est martyrisé en 347, avant d'occuper le siège .
5. PAREN I. d'Aschtischat, parent de S. Grigor, succède à la suite du refus des fils de S. Houssik, en 348, gouverne 4 ans, décédé en 352. Après lui, Schahak de Manazkert, administre comme gérant pendant un an.
6. S. NERSÉS I. le Grand, petit fils de Houssik, est élu en 353, à l'âge de 27 ans. Pendant 4 ans, de 359 à 363, il se retire des affaires, qui sont gérées par Schahali de Manazkert, alias Tchonak ; Nersés gouverne pendant 20 ans; décédé le 25 juillet 373.
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7. SCHAHAK I. de Manazkert, de la famille d'Albianus, l'administrateur susmentionné, occupe le siège en 373; il est nommé aussi Houssik ; décédé en 377.
8. ZAVEN l de Manazkert, parent du précédent, élu en 377, gouverne pendant 4 ans; décédé en 381.
9. ASPOURAKÉS I. de Manazkert, succède à son frère en 381, gouverne pendant 5 ans; décédé en 386. Vacance du siège pendant un an.
10. S. SAHAK I. le Grand, élu à l'âge de 39 ans en 387. Invente avec S. Mesrop l'alphabet arménien en 414. Exilé en 428. Sourmak de Manazkert, nommé antipatriarche en 428, expulsé un an après. Birkischo le syrien, appelé à le remplacer, expulsé en 432. Schimouel le syrien, nommé antipatriarche, décédé en 437. S. Sahak, rappelé d'exil, s'installe à Blour en 432, gouvernant au spirituel. Sourmak réélu antipatriarche en 437. S. Sahak décède le 7 septembre 439. L'administration spirituelle est gérée par S. Mesrop, décédé le 17 février 440 .
11. S. HOVSEP I. de Hoghotzim, succède à l'administration spirituelle en 440. Est reconnu par le gouvernement à la mort de Sourmak en 444. Préside le concile de Schahapivan en 445, et celui d'Artaschat en 450. Exilé en 451; démissionne en 452; martyrisé le 25 juillet 454.
12. MÉLITÉ I. de Manazkert; élu en 452, décédé en 456.
13. MOVSÈS I. de Manazkert, éJu en 456, décédé en461.
14. S. GÜT I. d'Arahèze, élu en 461, exilé en 471, retiré à Othmous en472, décédé en 478. Le nom de Kristapor I. Ardzrouni, mentionné dans les listes ordinaires, n'est établi sur aucune preuve valide.
15. S. HOVHANNÉS I. Mandakouni, élu en478, transfère le siège à Douine en 484; décédé en 490.
16. BABKEN I. d'Othmous, élu en 490, préside les conciles de Douine en 506 et 513; décédé en 515. Le bref pontificat que les listes ordinaires lui attribuent n'est pas conforme à la chronologie.
17. SAMUEL l. d'Ardzké, élu en 516, décédé en 526.
18. MOUSCHÉ l. d'Aïlaberk, éll1 en 526, décédé en 534.
19. SAHAK II. d'Ouhki, élu en 534, décédé en 539.
20. KRISTAPOR l. de Tiraritch, élu en 539, décédé en 545.
21. GHÉVOND l. d'Erast, élu en 545, décédé en 548.
22. NERSÈS II. de Bagrévand, élu en 548, préside le concile de Douine en 555; décédé en 557.
23. HOVHANNÈS II. Gabéghian, élu en 557, décédé en 574.
24. MOVSÉS II. d'Eghivard, élu en 574; Hovhannès de Bagaran est élu antipatriarche dans l'Arménie grecque en 590. Movsés décédé en 604. Le siège, resté vacant pendant 3 ans, est géré par Vertanes Kertogh.
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25. ABRAHAM I. d'Aghbathank, élu le 30 avril 607, préside le concile de Douine contre les Géorgiens en 608; l'antipatriarche Hovhanès meurt en 611 ; Abraham décède en 615.
26. COMITAS I. d'Aghtzik, élu en 615, restaure la basilique de S. Rhipsimée en 617; décédé en 628.
27. KRISTAPOR II. Apahouni, élu en 628, démissionne en 630.
28. YEZR I. de Parajenakert élu en 630, préside le concile de Karine en 631; décédé en 641.
29. NERSÈS III. d'Ischkhan, surnmmé Schenogh, élu en 641, se retire des affaires en 652, y retourne en 658; décède en 661.
30. ANASTASE I. d'Akori élu en 661, décédé en 667. .
31. ISRAEL I. d'Othmous, élu en 667, décédé en 677.
32. SAHAK III. de Tzorapor, élu en 677, décédé en 703.
33. EGHIA I. d'Ardjesche, élu en 703, décédé en 717.
34. S. HOVHANNÉS III, d'Otzoun, surnommé Imastasser, élu en 717 , préside les conciles de douine en 719 et de Manazkert en 726; décédé en 728.
35. DAVID I. d'Aramonk, élu en 728, décédé en 741.
36. TIRDAT I. d'Othmous, élu en 741, décédé en 764.
37. TIRDAT II. de Dasnavork, élu en 764, décédé en 767.
38. SION I de Bavonk, élu en 767, préside le concile de Partav en 768, décédé en 775.
39. YESSAÏ I. d'Eghipatrousche, élu en 775, décédé en 788.
40. STÉPANOS I. de Douine, élu en 788, décédé en 790.
41. HOVAB I. de Douine, élu en 790, décédé en 791.
42. SOGHOMON I. de Garni, élu en 791, décédé en 792.
43. GUÉORG I. d'Oschakan, surnommé Haïlorbouk, élu en 792, décédé en 795.
44. HOVSEP II. de Parpi, surnommé Karidj, élu en 795, décédé en 806.
45. DAVID II. de Gagagh, élu en 806, décédé en833 .
46. HOVHANNÈS IV. d'Ova, élu en 833, décédé en 855.
47. ZAKARIA I. de Tzak, élu en 855, décédé en 877.
48. GUÉORG II. de Garl1i, élu en 878, décédé en 898.
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49. S. MASCHTOTZ I. d'Eghivard, élu en 898, décédé le 13 Octobre 899.
50. HOVHANNÉS V. de Draskhonakert, surnommé Patmaban, élu en 899, transfère le siège à TzoroVank en 928 ; décédé en 93 I.
51. STÉPANOS II. Rischtouni, élu en 931, transfère le siège à Aghthamar le même an, décédé en 932.
52. THÉODOROS I. Rischtouni, élu en 932, décédé en 938.
53 YEGHISCHÉ I. Rischtouni, élu en 938, décédé en 943.
54. ANANIA I. de Moks, élu en 943, transfère le siège à Arkina ; décédé en 967.
55. VAHAN I. Suni, élu en 967, déposé en 969.
56. STÉPANOS III. de Sévan, élu en 969, décédé en 971.
57. KHATCHIK I. Arscharouni, élu en 972, construit la résidence d'Ani en 99I; décédé en 992.
58. SARKIS I. de Sévan, élu le 29 mars 992, transfère le siège à Ani le même an ; démissionnaire en 1019.
59. PETROS I. Guéladartz, élu en 1019; Dioskoros de Sanahine est nommé antipatriarche en 1036; Petros retourne à son siège en 1038 ; Khatchik II, est nommé coadjuteur en 1049 ; le siège est transféré à Sébaste en 1050 ; Petros décédé en 1054.
60 KHATCHIK II. d'Ani, succède en 1054, transfère le siège à Tavblour en 1057; décédé et vacant pendant 5 ans.
61. GRIGOR II, Vikaïasser, élu en 1065; transfère le siège à Dzamindav la même année; Guéorg III, de Lori est nommé coadjuteur en 1069, révoqué en 1072; Sarkis de Honi est proclamé antipatriarche en 1076, décédé en 1077; Théodoros Alakhossik le remplace en 1077, décédé en 1090 ; Barsegh I, est nommé coadjuteur en 108 I; Poghos de Varak est proclamé antipatriarche en 1086, il se retire en 1087; Grigor décédé le 3 juin 1105.
62. BARSEGH I. d'Ani, succède en 1105, décédé en 1113.
63. GRIGOR III. Pahlavouni, élu en 1113, à l'âge de 20 ans; David Thornikian est proclamé antipatriarche à Aghthamar en 1114; le siège est tranféré à Romkla en 1147 ; il démissionne le 17 août 1166, meurt trois mois après.
64. S. NERSÉS IV. Schinorhali, 13 août 1173.
65. GRIGOR IV. Ti~ha, élu en 1173, préside le concile de Romkla en 1179 ; décédé le 16 mai 1193. 66. GRIGOR V.Karavège,élu en 1193,déposé et décédé en 1194.
67. GRIGOR VI. Apirat, élu en 1194; Barsegh II. d'Ani proclamé antipatriarche en 1195 ; Grigor décède en 1203.
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68. HOVHANES VI. Médzabaro, élu en 1203, Anania de Sébaste proclamé antipatriarche en 1204; David III, d'Arkakaghine nommé coadjuteur en 1204; Hovhannés décédé en 1221.
69. CONSTANTIN I. de Bartzrberd, élu en 9 avril 1267 .
70. HACOB I. de Kla, surnommé Guitnakan, élu en 1267, décédé en 1286.
71. CONSTANTlN II. Pronagortz, élu le 13 avril 1286, déposé en 1289.
72. STÉPANOS IV, de Romkla, élu en 1290, emmené prisonnier en Egypte en 1292, décédé en 1293.
73. GRIGOR VII. d'Anavarza, élu en 1293, transfère le siège à Sis la même année, décédé en est convoqué après sa mort.
74. CONSTANTIN III, de Césarée, élu le 19 mars 1307, décédé en 1322.
75. CONSTANTIN IV, de Lambron, élu en 1322, décédé en 1326.
76. HACOB II, de Tarse, élu en 1327, démissionnaire en 1341, retourne au siège en 1355, décédé en 1359.
77. MEKHITAR I, de Glïler, élu en 1341, décédé en 1355.
78. MESROP I. d'Ardaze, élu en 1359, décédé en 1372.
79. CONSTANTIN V, de Sis, élu en 1372, décédé en 1374.
80. POGHOS I, de Sis, élu en 1374, décédé en 1371.
81. THÉODOROS II, de Cilicie:, élu en 1377, décédé en 1392; le siège reste vacant un an.
82. KARAPET I, de Keghy, surnommé Bobik, élu en 1393, décédé en 1408.
83. HACOB III, de Sis, élu en 1408, décédé en 1411.
84. GRIGOR VIII, Khantzoghat, s'empare du siège en 1411, déposé en 1416.
85. POGHOS II, de Garni, élu en 1416, décédé en 1429.
86. CONSTANTlN VI, de Vahka, s'empare du siège en 1429, décédé en 1439; Hovsep, un prétendant, ne réussit pas à s'emparer du siège.
87. GRIGOR IX. Moussabéguian, élu en 1439, se retire en 1441.
88. KIRAKOS I. de Virar, élu en 1441, à l'occasion du transfert du siège à Etchmiadzine ; démissionne en 1443 .
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89. GRIGOR X. Djélalbeguian, élu en 1443; Karapet de Tokat est proclamé antipatriarche à Sis en 1446; Aristakés II est nommé coadjuteur en 1448; Zakaria d'Aghthamar s'empare du siège en 1461, se retire en 1462;Sarkis II est nommé coadjuteur en 1462: Grigor décédé en 1466. 90. ARISTAKÉS II. Athorakal, succède en 1466, décédé en 1470.
91. SARKIS II. Atchatar, succède en 1470, Hovhannés VII est nommé coadjuteur en 1470; Sarkis décédé en 1474. 92. HOVHANNÉS VII. Atchakir, succède en 1474; Sarkis III, est nommé coadjuteur en 1474; Hovhannès démissionne en 1484.
93. SARKIS III. Mussah, succède en 1484; Aristakes III est nommé coadjuteur en 1484, Thadéos I en 1499, Yéghisché II en 1504, Hovhannés en 1505, Nersés en 1506, et Zakaria II en 1507; Sarkis décédé en 1515.
94. ZAKARIA II. de Vagharschapat, succède en 15 15 ; Sarkis IV, est nommé coadjuteur en 1515; Zakaria décédé en 1520.
95. SARKIS IV. de Géorgie, succède en 1520, décédé en 1537.
96. GRIGOR XI. de Byzance, élu en 1537, décédé en 1542.
97. STÉPANOS V. de Salmasd, élu en 1542 ; sont nommés coadjuteurs, Mikaèl I, en 1542, Barsegh III en 1549, Grigor XI I en 1552, et Aristakes IV en 1555 ; Stépanos décédé en 1564.
98. MIKAEL I de Sébaste, succède en 1564 ; Stépanos VI, est nommé coadjuteur en 1567 ; Mikaël décédé en 1570.
99. GRIGOR XII. de Vagharschapat, succède en 1570; sont nommés coadjuteurs Thadéos II en 1571, Arakel en 1575, et David IV, en 1579 ; Grigor décédé en 1587.
100. DAVID IV. de Vagharschapat, succède en 1587; sont nommés coadjuteurs Melchissédech I de Garni en 1593, Grigor XIII. Sérapion en 1603, et Sahak IV. de Garni en 1624 ; David démissionne en 1629 .
101. MOVSÉS III. de Tathev, élu le 13 janvier 1629, décédé le 14 mai 1632.
102. PILIPPOS I. d'Albac, élu le 13 janvier 1033, décédé le 25 mars 1655.
103. HACOB IV. de Djoulfa, élu le 8 avril 1655; Eghiatar I, proclamé antipatriarche en 1663; Hacob décédé à Constantinople le 1er août 1680; le siège reste vacant pendant deux ans.
104. EGHIAZAR I. d'Aïntab, élu en 1682; décédé le 8 août 1691.
105. NAHAPET I. d'Edesse, élu le 10 août 1691, décédé le 13 juin 1705; le siège reste vacant pendant un an.
106. ALEXANDRE I. de Djoulfa, élu en 1706, décédé le 22 novembre 1714.
107. ASTOUADZATOUR I. de Hamadan, élu le 7 mai décédé le 10 octobre 1725.
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108. KARAPET II. de Zeytoun , élu et consacré à Constantinople le 27 février 1726; rentre à Etchmiadzine en 1728 ; décédé le 9 octobre 1729 .
109. ABRAHAM II. de Khoschab, élu en 1730, I I novembre 1734.
110. ABRAHAM III. de Crète, élu le 25 novembre 1734, décédé le 18 avril 1737.
111. GHAZAR I. de Tchahouk, élu en 1737, consacré en 1738, Hovhannès d'Akoulis est proclamé antipatriarche en 1740 ; Ghazar est remplacé intérimairement par Petros II. Kutour, en 1748, pendant un an; Ghazar décédé en 1751.
112. MINAS I. d'Eghine, élu le 15 septembre 1751, décédé le 12 mai 1753.
113. ALEXANDRE II, Karakaschian, élu en 1753, consacré le 6 mars 1754, décédé en 1755; Sahak V. de Keghy, surnommé Ahakine, élu en 1755, ne fut pas consacré : décédé en 1760 .
114. HACOB V. de .Schamakhi, élu le 24 novembre 1759, décédé en juillet 1763.
115. SIMÉON I. d'Erivan, élu en 1763, décédé le 26 juillet 1780.
116. GHOUKAS I. de Karine, élu le 2 aout 1780, décédé le 27 décembre 1799. Hovsep Arghoutian, élu en 1800, décédé en 1801 sans recevoir la consécration.
117. DAVID V. Ghorganian, s'empare du siège le 28 avril 1801, déposé en septembre 1804.
118. DANIEL I. de Sourmari, élu en 1801, ne put occuper le siège que le 21 septembre 1804; décédé le 21 août 1808.
119. YEPREM I. de Tzoragueh, élu le 26 décembre 1809, démissionne le 6 mars 1831.
120. HOVHANNÈS VIII. de Karbi, élu le 31 mars 1831, consacré le 8 novembre, décédé le 26 mars 1842 .
121. NERSES V. d'Aschtarak, élu le 18 mai 1843, consacré le 9 juin 1846, décédé le 13 février 1857.
122. MATTHÉOS I. Tchouhadjian, élu le 18 mai 1858, consacré Ie 15 août, décédé le 22 août 1865.
123. GUÉORG IV. Kérestédjïan, élu le 17 septembre 1866, consacré le 21 mai 1867 , décédé le 6 décembre 1882 . Le siège reste vacant pendant trois ans, à cause du refus suivi de la mort de Nersés Varjapetian, élu en 1884.
124. MACAR I. Ter-Petrossian, élu le 21 avril 1885, consacré le 10 novembre , décédé le 16 avril 1891.
125. MKRTITCH I. Khrimian, élu le 5 mai 1892, consacré le 26 septembre 1893, décédé le 29 octobre 1907.
126. MATTHÉOS II, Izmirlian, élu le 1 novembre 1908 consacré le 13 septembre 1909
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APPENDICE II - STATISTIQUE DES DIOCESES ARMÉNIENS

Patriarcat de Constantinople .
I. CONSTANTINOPLE (Stamboul), siège patriarcal, comprend le vilayet de la capitale, fidèles 150,000, communes 38, églises 43; catholiques 10,000, protestants 1,000.
2. NICOMÉDIE (Ismidt), siège archiépiscopal, comprend le sandjak d'Ismidt et le caza de Palarkeuy, fidèles 65,000, communes 34, églises 40; catholiques 500, protestants 600.
3. ARMASCHE, siège abbatial, comprend le nahié d'Armasche, fidèles 5,000, communes 3, églises 3.
4. ANDRINOPLE (Edirné), siège épiscopal, comprend les sandjaks d'Edirne, Kirkkilissé, Dédéaghatch et Gumuldjina, fidèles 8,000, communes 4, églises 5.
5. RODOSTO (Tekfurdagh), siège épiscopal, comprend les sandjaks de Tekfurdagh, Guélibolou, Tchataldja et Kalaïsoultani, fidèles 25,000, communes 7, églises 8.
6. SALONIQUE (Sélanik), siège d'archiprêtre, comprend les vilayets de Sélanik et Monastir, fidèles 2,000, communes 12, église 1.
7. BROUSSE ( Boursa), siège archiépiscopal, comprend le sandjak de Boursa, fidèles 35,000, communes 7, églises 8; catholiques 3,000, protestants 500.
8. BILliDJïK (Ertoghroul), siège épiscopal, comprend le sandjak d'Ertoghroul, fidèles 17,000, communes 10, églises 12, catholiques 1,000.
9. RANDER!dA, siège épiscopal, comprend le sandjak de Karassy, fidèles 15,000, com munes 7, églises 8 ; catholiques 500.
10. CUTINA (Kutahié), siège épiscopal, comprend les sandjaks de Kutahié et Afioun-Karahissar, fidèles 18,000, communes 9, églises 10, catholiques 1,000; protestants 200.
11. SMYRNE (Ismir), siège archiépiscopal, comprend les vilayets d'Aïdine et Archipel, fidèles 25,000, communes 20, églises 23; catholiques 2,000, protestants 200.
12. CASTAMOUNI, siège épiscopal, comprend le vilayet de Castamouni, fidèles 14,000, communes 14, églises 8.
13. ANGORA (Enkaré), siège archiépiscopal, comprend les sandjaks d'Enkaré et de Kirschéhir, fidèles 16,000, communes 8, églises 20; catholiques 7,000, protestants 500.
14. CÉSARÉE (Kaïsserieh), siège archiépiscopal, comprend le sandjak de Kaïssérieh, fidèles 40,000, communes 31, églises 30; catholiques 2,000, protestants 2,000.
15. ICONIUM (Konia), siège épiscopal, comprend le .vilayet de Konia, fidèles 25,000, communes 14, églises 16.
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16. SÉBASTE (Sivas ), siège archiépiscopal, comprend le sandjak de Sivas, excepté quelques cazas, filièles 80,000, communes 74, églises 56; catholiques 5,000, protestants 1000.
17. EUDOCIE (Tokat), siège épiscopal, comprend le sandjak de Tokat, fidèles 21,000, communes 16, églises 19, catholiques 2,000, protestants 500.
18. AMASIA, siège épiscopal, comprend le sandjak d'Amasia, fidèles 25,000, communes 19, églises 20; catholiques 500, protestants 3,000.
19. NICOPOLIS (Schabin-Karahissar), siège épiscopal, comprend le sandjak de Karahisarischarki, fidèles 25,000, communes 41, églises 35; protestants 200.
20. SAMSOUN (Djanik), siège épiscopal, comprend le sandjak de Djanik, fidèles 20,000, communes 42, églises 39 ; catholiques 500, protestants 300.
21. TRÉBISONDE (Trabouzan), siège épiscopal, comprend les sandjaks de Trabouzan, Gumuschané et Lazistan, fidèles 30,000, communes 42, églises 35; catholiques 2,000, protestants 700.
22. KARINE (Erzeroum), siège archiépiscopal, comprend les cazas d'Erzeroum, Khnouss, Isbir, Kiskim, et Tortoum, fidèles 75,000, Communes 90, églises 89; catholiques 8,000, protestants 2,000.
23. ERZINGA (Erzindjian), siège épiscopal, comprend les cazas d'Erzindjian, Réfahié, et Kouzidjan, fidèles 25,000, communes 37, églises 44; protestants 500.
24. BABERT (Baïbourt), siège épiscopal, comprend le caza de Baïbourt, fidèles 17,000, communes 30, églises 31.
25. BASSEN (Hassankalé), siège épiscopal, comprend le caza de Passenler, fidèles 10,000, Communes 30, églises 19 ; catholiques 500.
26. DERTCHAN (Terdjan), siège épiscopal, comprend le caza de Terdjan, fidèles 15,000, communes 38, églises 33.
27. GAMAKH (Kémakh), siège abbatial, comprend les cazas de Kémakh et
Kouroutchaï, fidèles 10,000, communes 19, églises 21 ; protestants 200.
28. KHORTZIAN (Keghy), siège épiscopal, comprend le caza de Keghy, fidèles 24,000, CommUnes 56, églises 5 I, protestants 1,000.
29. BAGRÉVAND (Bayazid), siège épiscopal, comprend le sandjak de Bayazid, fidèles 14,000, Communes 50, églises 33; catholiques 1,000, protestants 200.
30. VAN, siège archiépiscopal, comprend les cazas de Van, Mahmoudi, Ardjèsche et Aldjavaze;fidèles 100,000, communes 108, églises 130; catholiques 500, protestants 200.
3 I. LIM-ET-KTOLTZ, siége abbatial, comprend le nahié de Timar, fidèles 11,000, communes 25, églises 32.
32. ALBAC (Baschekalé), siège abbatial, comprend le sandjak de Hekkiari, fidèles 10,000, communes20, églises 23.
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33. BAGHÈSCHI, (Bitlis), siège cpiscopal, comprend les cazas de Bitlis, Akhlat et Modiki, fidèles 50,000, communes 80, églises 98; catholiques 500, protestants 1,000.
34. MOUSCHE siège archiépiscopal, comprend les sandjaks de Mousche et Guindje, fidèles 90,000, communes 332, églises 230, catholiques 3,000, protestants 1000.
35. SEGHERT (Séert), siège épiscopal, comprend le sandjak de Séert, fidèles 25,000, communes 50, églises 33; catholiques 500 .
36, TIGRANOKERTA (Diarbékir), siège archiépiscopal, comprend les sandjaks de Diarbékir et de Mardin, fidèles 45,000, communes 42, églises 50; catholiques 1,000, protestants 1,000.
37. BALAHOVIT (Palou), siège épiscoral, comprend le caza de Palou, fidèles 22,000, communes 41, églises 40, protestants 300.
38. ARGHNI (Argana), siège abbatial, comprend les cazas d'Argana et Maden, fidèles 6,000, communes 9, églises 10, catholiques 500, protestants 200.
39. TCHINKOUSCHE, siège abbatial, comprend le caza de Tchermik, fidèles 5,000, Communes 3, églises 4, protestants 700.
40. KHARPERT (Kharpouth), siège archiépiscopal, comprend les cazas de Mamouretulaziz, Kharpouth, Gaban et Puturgué, fidèles 45,000, communes 72, églises 75 ; catholiques 2,000, protestants 4,000.
41. AKN (Eguine), siège épiscopal, comprend le caza d'Eguine, fidèles 10,000, communes 7, églises 10; protestants 200.
42 ARABKER, siège épiscopal, comprend le caza d'Arabkir, fidèles 18,000, Communes 16, églises 20, catholiques 500, protestants 1,000.
43. TCHEMESCHEGADZAK (Tchimisguézek), siège épiscopal, comprend le caza de Tchimisguèzek, fidèles 9,000, communes 31, églises 22.
44 TCHARSANDJAH, siège épiscopal, comprend le sandjak de Dersim, excepté un caza, fidèles 18,000, communes 69, églises 50, protestants 500.
45. EDESSE (Ourfa), siège épiscopal, comprend les sandjaks d'Ourfa et Zor, fidèles 24,000, communes 16, églises 10; catholiques 1,000, protestants 800.
46. BAGHDAD, siège épiscopal, comprend les vilayets de Bagdad, Basra et Moussoul, fidèles 5,000, communes 4, églises 3, catholiques 1,000.
47. CHYPRE, (Kibriz), siège de prélat, comprend l'île de Chypre, fidèles 1,000, Communes 2, églises 3.
48. EGYPTE (Missr), siège archiépiscopal, comprend le vice-royaume d'Egypte, fidèles 14,000, communes 10, églises 5; catholiques 1,500.
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49. BULGARIE, siège archiépiscopal, comprend le royaume de Bulgarie, fidèles 20,000, communes 18, églises 10.
50. ROUMANIE, siège archiépiscopal, comprend le royaume de Roumanie, fidèles 10,000, communes 17, églises 15.
51. GRÈCE, siège d'archiprêtre, comprend le royaume de Grèce, fidèles 1,000, communes 4, église 1.

•Patriarcat de Jérusalem.
52. JÉRUSALEM (Kouds), siège patriarcal, comprend les sandjaks de Kouds et du Liban, fidèles 3,000, églises 10; catholiques 200.
53. JOPPÉ (Jaffa), siège de prélat, comprend le caza de Jaffa, fidèles 1,000, Communes 2, églises 3.
54. DAMAS (Scham), siège de prélat, comprend le vilayet de Syrie, fidèles 2,000, Communes 4, église 1.
55. BÉRYTE (Beyrouth), siège de prélat, comprend le vilayet de Beyrouth, fidèles 1,000, Communes 4, églises 4 ; catholiques 300.
Patriarcat de Cilicie.
56. SIS, siège catholicosal, comprend le sandjak de Kozan, fidèles 9,000, Communes 10, églises 7, protestants 500.
57. ADANA, siège archiépiscopal, comprend les sandjaks d'Adana, Mersine et Itchili, fidèles 35,000, Communes 16, églises 12; catholiques 2,000, protestants 900.
58. HADJIN, siège épiscopal, comprend le caza de Hadjin, fidèles 20,000, Communes 5,églises 8; catholiques 1,000, protestants 200.
59. PAYASS, siège épiscopal, comprend le sandjak de Béréketdagh, fidèles 11,000, communes 25, églises II.
60. BERIA (Alep), siège épiscopal, comprend les cazas d'Alep, Iskendéroun et Beylan, fidèles 15,000, conimunes 17, églises 8, catholiques 5,000, protestants 2,000.
61. GERMANICIE (Marasche), siège archiépiscopal, comprend les cazas de Marasche, Albistan et Pazardjik, fidèles 30,000, communes 35, églises 24- ; catholiques 4,000, protestants 3,500.
62. ULNIA (Zeytoun), siège épiscopal, comprend les cazas de Zeytoun et Endéroun, fidèles 20,000, Communes 18, églises 14; catholiques 500, protestants 500.
63. FIRNOUZE, siège abbatial, comprend le nahié de Firnouze, fidèles 7,000, Communes 6, églises 10.
64. AÏNTAB, siège épiscopal, comprend les cazas d'Aïntab et Kilis, fidèles 30,000, communes 4, églises 6; catholigues 1,000, protestants 4,000.
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65. ANTIOCHE (Antakia), siège épiscopal, comprend les cazas d'Antakia, Schoughour et Sahioun, fidèles 12,000, communes 16, églises 9; catholiques 2,000, protestants 1,500.
66. MÉLITÈNE (Malatia), siège épiscopal, comprend le sandjak de Malatia, fidèles 20,000, communes 42, églises 23 ; catholiques 2,000, protestants 1,000.
67. YOZGAT, siège épiscopal, comprend le sandjak de Yozgat, fidèles 40,000, communes 46, églises 43 ; protestants 1,000.
68. GURUN (Kurine), siège épiscopal, comprend les cazas de Kurine et Ghanghal, fidèles 17,000, communes 11, églises 16; catholiques 500, protestants 1,000.
69. TIPHRICE (Divrik), siège épiscopal, comprend le caza de Divriki, fidèles 11,000, communes 14; églises 19, protestants 300.
70. TARANTIA (Darendé), siège abbatial, comprend le caza de Darendé, fidèles 7,000, communes 2, églises 4.
77. TATHEV, sitge abbatial, comprend le district de Tathev, fidèles 15,000, communes 81, églises 100.
78. TIFLIS, siège archiépiscopal, comprend les gouvernements de Tiflis et de Kouban, fidèles 150,000, communes 133, églises 117 ; catholiques 4,000, protestants 1,000.
79. GORI, siège épiscopal, comprend les gouvernements de Koutaïs et de Batoum, fidèles 40,000, communes 31, églises 33; Catholiques 1000.
80. AKHALTZIKHÉ, siège épiscopal, comprend les districts d'Akhaltzikhé et d'Akhalkélek, fidèles 90,000, communes 71, églises 67 ; catholiques 10,000.
81. GANTZAK (Elisavetpol), siège épiscopal, comprend le gouvernement d'Elisavetpol, fidèles 100,000, communes 72, églises 93.
82. SCHOUSCHI (Karabagh), siège archiépiscopal, comprend le gouvernement de Schouscha, fidèles 150,000, communes 169, églises 167.
83. NOUKHI, siège épiscopal, comprend le district de Noukha, fidèles 50,000, communes 52, églises 51.
84. SCHAMAKHI, siège archiépiscopal, comprend le gouvernement de Daghestan et le district de Schamakhi, fidèles 60,000, communes 45, églises 34; catholiques 2,000.
85. BACOU, siège de prélat, comprend le sud-est du gouvernement de Bacou, fidèles 30,000, communes 15, églises 10.
86. ASTRAKAN, siège archiépiscopal, comprend les provinces occidentales de la Russie, de Sibérie et du Turkestan, fidèles 70,000, communes 45, églises 31.
87. KIZLAR, siège épiscopal, comprend les provinces sud-est de Russie, fidèles 60,000, communes 25, églises 12.
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88. BESSARABIE, siège archiépiscopal, comprend les provinces sud-ouest de la Russie, fidèles 20,000, communes 19, églises 13.
89. NOR-NAKHITCHÉVAN, siège épiscopal, comprend la région de Don, au sud de la Russie, fidèles 60,000, communes 40, églises 34.
90. PETERSBOURG, siège de prélat, comprend le nord de la Russie, fidèles 4,000, communes 3, églises 2.
91. MOSCOU, siège de prélat, comprend le centre de la Russie, fidèles 4,000, communes 4, églises 3.
92. ISPAHAN, siège archiépiscopal, comprend les provinces est de Perse, fidèles 30,000, communes 98, églises 70, catholiques 1,000.
93. TÉHÉRAN, siège de prélat, comprend la province de l'Irak en Perse, fidèles 5,000, communes 17, églises 15.
94. TAURIZ, siège archiépiscopal, comprend la province d'Azerbédjan en Perse, fidèles 40,000, communes 70, églises 100, catholiques 400.
95. HAMADAN, siège de prélat, comprend les provinces du Kourdistan et du Louristan en Perse, fidèles 3,000, communes 10, églises 10; protestants 1,000.
96. CALCUTTA, siège épiscopal, comprend les colonies des Indes et de l'Indo-Chine, fidèles 6,000, communes 20, églises 10.
97. BATAVIA, siège de prélat, comprend les colonies de l'île de Java, fidèles 4,000, communes 4, églises 2.
98. SlCZAVA, siège de prélat, comprend les colonies de Boukovine et Hongrie, fidèles 4,000, communes 10, églises 5, catholiques 5,000.
99. EUROPE, siège épiscopal, comprend les colonies d'Angleterre, France, Belgique et Suisse, fidèles 6,000, communes 20, églises 4; catholiques 15,000 en Galicie, Autriche et Italie.
100. AMÉRIQUE, siège épiscopal, comprend les colonies des États-Unis d'Amérique, fidèles 50,000, communes 50, églises 5, protestants 5,000.
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Այսքան չարիք թէ մոռանան մեր որդիք, թող ողջ աշխարհ կարդայ հայուն նախատինք
Armenagan 2004 Հրայր