Nous
ne nous attarderons point à expliquer le calendrier civil en usage
chez les anciens Arméniens, ni à analyser l'ancien calendrier de Haïka
schirtchan (cycle d'Orion), qui embrasse une période de 1460 ans, plus
une année bisextile. Nous n'entendons pas non plus expliquer son année
de douze mois uniformément composés de trente jours, avec cinq jours
d'épagomènes. C'est le calendrier Julien, désigné communément sous le
nom de Vieux style, que suivent de nos jours les Arméniens de Russie et
de Turquie, et même ceux que ]'émigration a dispersés en Europe et en
Amérique. Ce calendrier est bien connu maintenant, et l'on sait qu'à
partir du vingtième siècle un retard de treize jours doit séparer les
dates des deux calendriers. Nous essaierons d'expliquer plutôt le
système de la célébration des fêtes arméniennes. Toute la chrétienté a
pris pour base de ses fêtes les jours fixes du comput solaire, de sorte
que tel jour de tel mois est invariablement consacré à la fête de tel
saint. Seules les fêtes pascales suivent le comput lunaire, mais elles
sont refondues par un arrangement spécial dans le comput général. Le
calendrier arménien a adopté pour base, non les jours des mois, mais
ceux des semaines. II forme ainsi un calendrier spécial hebdomadaire. Il
n'y a dans toute l'année que quatorze jours qui soient célébrés
d'après certains jours fixes du mois, et cela depuis ces derniers
siècles. Ce sont les neuf jours de la Théophanie (du 5 au 13 janvier),
et les cinq fêtes de la Vierge, la Purification (14 février),
l'Annonciation (7 avril) , la Nativité (8 septembre), la Présentation
(21 novembre) et la Conception (9 décembre). Le reste de l'année est
organisé d'après l'ordre succesif des semaines et des jours de chaque
semaine. Le point de départ est le jour de Pâques, invariablement
calculé d'après le vieux style. D'abord, en calculant avant les Pâques,
on s'arrête au dixième dimanche. Des dix semaines qui précèdent cette
fête, la première est consacrée à l'abstinence de l'Aratchavor
(primaire), les deux suivantes aux fêtes des saints, les six autres
forment le carême, et la dixième est la semaine sainte. On compte
ensuite une période de quatorze semaines après les Pâques ; au
quatorzième dimanche se place la fête de la Transfiguration, qui dure
trois jours. Les premières sept semaines forment les cinquante jours
qui séparent la Résurrection de Ja Pentecôte; la huitième est l'octave
de la Pentecôte; les cinq autres qui suivent contiennent les fêtes des
saints; à la quatorzième, prend place l'abstinence de la
Transfiguration. Cet ensemble de vingt-quatre semaines, ou de cent
soixante-onze jours, forme la période pascale, et comprend presque la
moitié de l'année. Elle est célébrée toujours d'une manière identique,
en suivant l'ordre des jours des semaines. Nous devons noter ici que le
comput pascal des Arméniens est identique au comput grec, avec cette
seule différence, que quatre fois dans un cycle de cinq cent trente
deux années, les deux Pâques se rencontrent avec une semaine
d'intervalle, Cet écart provient de la différence des épactes du
calendrier alexandrin d'Eas, suivi par les Arméniens, et du calendrier
byzantin d'Irion, adopté par les Grecs, Aux quatre dates
susmentionnées, la pleine lune, d'après Irion, apparaît le samedi 5
avril, et c'est le lendemain, le 6, que se célèbrent les Pàques ; tandis
que d'après Eas, c'est un dimanche, 6 avril, qu'elle apparaitrait, et
la fête se trouve par suite ajournée au 13 du même mois. C'est ce que
les Arméniens appellent Dzrazadik (pàques erronées). Cette différence a
toujours été une cause de conflits entre Grecs et Arméniens, surtout à
Jérusalem. Le dernier dzrazadik a coïncidé avec l'année 1824 ; mais en
considération des liens d'étroite amitié qui subsistaient à cette
époque entre le gouvernement russe et le siège d'Etchmiadzine, on crut
devoir passer outre, et les Arméniens célébrèrent les Pàques le 11
avril, simultanément avec les Grecs et les Russes, Cet écart se
répéterait en 2071, si la question de dzrazadik n'était pas
définitivement tranchée. Pour revenir au calendrier arménien, notons que
le reste de l'année, hors la période de vingt-quatre semaines, forme
une seconde période extra-pascale, divisée en cinq parties, qui sont en
relation avec les points fixes, qui règlent leur calcul, savoir: la
fête de l'Assomption, le dimanche plus proche, avant ou après le 15
août; la fête de l'Exaltation, le dimanche le plus proche de la date du
14 septembre; le commencement de l' Avent, le dimanche le plus proche
du 18 novembre; et la fête de la Théophanie le 6 janvier, C'est ainsi
qu'on a cinq périodes partielles, d'une durée variant chaque année,
mais qui se compensent mutuellement. Les fêtes quotidiennes sont
réglées d'après le système hebdomadaire, c'est-à-dire, dans l'ordre des
jours de la semaine, Les variations dans le
76
nombre des semaines de chaque période partielle
nécessitent la transposition éventuelle d'un certain nombre de fètes.
Il en est de mème pour celles qui se produisent après la fin et avant
le commencement de la période pascale. La mobilité de la fète pascale,
qui embrasse une différence de trente-cinq jours, fait que plus le
commencement de la période pascale s'approche de la Théophanie, autant
sa fin s'éloigne de l'Assomption, et réciproquement; et les fètes de
ces deux périodes partielles se déplacent suivant les besoins. La
caractéristique essentielle du système hebdomadaire, c'est que la
nature même des fètes est réglée d'après les jours de la semaine. Les
dimanches sont exclusivement dédiés à la Résurrection ou à toute autre
fête dominicale; les mercredis et les vendredis sont réservés aux
offices de pénitence. Les fêtes des saints ne peuvent être célébrées que
pendant les quatre jours restants, soit, les ]undis, mardis, jeudis et
samedis. Les jours de pénitence et ceux consacrés aux saints peuvent
ètre changés en fète dominicale, en interrompant les offices qui leur
sont propres. Les lundis, mardis et jeudis peuvent ètre changés en
office de pénitence, ce qui n'est pas le cas pour les samedis. On voit
clairement, par les indications qui précèdent, que les fètes des saints
doivent annuellement changer de jour, et que par conséquent un
calendrier spécial s'impose pour chaque année d'après le jour assigné
aux Pàques. Comme notre intention ici n'est que de donner au lecteur de
simples notions, nous croyons suffisant ce que nous venons d'exposer .
77
XXXVIII. LES FETES DOMINICALES
Le cadre restreint où nous nous
renfermons nous interdit toute digression sur les détails relatifs à la
célébration des fêtes. L'église arménienne, sous le nom de fête
dominicale (térounakan), comprend toutes les solennités en l'honneur de
Jésus-Christ, du Saint-Esprit, de la Sainte Vierge, de la
Sainte-Croix et de la Sainte-Église. A ces fêtes, elle n'associe aucune
commémoration de saint, aucun office de pénitence; car les offices du
jour sont exclusivement consacrés au mystère divin. Elles peuvent se
partager en trois groupes, suivant qu'elles ont pour objet le
Rédempteur, sa divine Mère ou la Rédemption elle-même. Dans le premier
groupe se place d'abord la fête de la Théophanie, où se synthétisent
tous les mystères qui précédèrent la vie évangélique du Christ. On
réunit ainsi en une seule solennité l'Annonciation, la Noël,
l'adoration des mages, le baptême et les révélations du Jourdain. C'est
dans cet esprit que la Théophanie était jadis célébrée par les
églises primitives; et ce ne fut que plus tard que les églises
syrienne, latine et grecque firent de la Théophanie deux fêtes
distinctes, la Noël et l'Epiphanie. Mais l'église arménienne a gardé
intacte la tradition. La Théophanie y est célébrée le 6 janvier, en y
comprenant la veille, le 5, et l'octave jusqu'au 13. Vient ensuite la
semaine sainte, qui forme une octave de fêtes dominicales. Elle
commence la veille du dimanche des Palmes, qui est dédié au miracle de
la résurrection de Lazare, et prend fin Je samedi saint, qui clôt la
commémoration des mystères de la rédemption, par la fête de la mise au
tombeau. La Résurrection est solennisée pendant trente-neuf jours et
l'Ascension pendant dix jours pleins. Le cinquantième inaugure la
Pentecôte et la fête du Saint-Esprit, qui dure sept jours. On a ainsi
un cycle de soixante-quatre jours consécutifs de fêtes dominicales,
durant lequel aucune autre commémoration de saints ne peut être
célébrée. La Transfiguration coïncide avec le septième dimanche après
la Pentecôte, qui clôture la période pascale et le lundi et le mardi
suivants. On la désigne aussi sous le nom de Vardavar (fête des roses),
d'une fête païenne qui a passé dans la tradition chrétienne. Pour
compléter cette brève revue des solennités en l'honneur du Rédempteur,
on doit noter gue les dimanches de l'année sont tous dédiés à la
Résurrection, à défaut d'une fête dominicale. Aux dimanches du carême
est attribué un caractère d'attente à la Résurrection. Le second
groupe des fêtes dominicales se rattache à la personne de la sainte
Astouadzadzine (Mère de Dieu), à laquelle sont appliquées les formules
des offices consacrés à Jésus-Christ. La principale est l'Assomption,
prise dans le sens de dormition et d'exaltation à la vision divine.
Nous avons dit qu'elle se célèbre le dimanche le plus rapproché du 15
août, soit dans l'intervalle compris entre le 12 et le 18 de ce mois;
elle dure neuf jours, jusqu'au second lundi inclusivement. Dès le Ve
siècle, on commença à célébrer la Purification le 14 février et
l'Annonciation le 7 avril. La Nativité de la Sainte-Vierge, qui se
célèbre le 8 septembre, a été inaugurée au XIIIe siècle. La Présentation
( 21 novembre) et la Conception (9 décembre) ne datent que du dix
septième. Les commémorations des inventions du voile et de Ia ceinture
de la Sainte-Vierge remontent à la fin du dix-huitième. Elles sont
fixées au sixième dimanche de la Pentecôte et au troisième de
l'Assomption. Au dernier groupe appartiennent le.s fêtes de la Sainte
Croix et de la Sainte-Église. Les premières sont: la fête de
l'Exaltation, qui tombe le dimanche compris entre le 11 et le 17
septembre et celle de l'Invention, le septième dimanche de
l'Exaltation; l'apparition à Jérusalem, en 351, le cinquième dimanche de
Pàgues, et l'Apparition à Varak, près de Van en 653, le troisième
dimanche de l'Exaltaltion. La fête de l'Exaltation dure une semaine
entière, les autres, un seul jour . On célèbre aussi les fêtes de la
Sainte-Église, comme signe visible de la rédemption. Elles comprennent
principalement le mardi, le mercredi et le jeudi de la semaine
d'Exaltation. Figurent dans ce groupe, la dédicace de l'église du
Saint-Sépulcre (veille de l'Exaltation), celle de la basilique
d'Etchmiadzine (veille de l'Assomption), la vision de la Descente de
l'Unigenitus, apparue à saint Grégoire l'Illuminateur (troisième
dimanche de la Pentecôte), la commémoration de l'Arche d'Alliance ou du
Vieux Testament (veille de la Transfiguration), la Vocation des gentils
(deuxième dimanche de Pâques), et enfin la commémoration de la
première église du Cénacle (troisième dimanche de Pàques). Voici
78
maintenant le total des fêtes dominicales, pendant
lesquelles les offices et la messe sont entièrement appliqués aux
mystères divins, à l'exclusion de toute commémoration des saints.
9 jours la Théophanie.
8 » la Semaine sainte.
39 » la Résurrection.
10 » l'Ascension.
7 » la Pentecôte.
3 » la Transfiguration.
9 » l' Assomption.
7 » autres fêtes de la Vierge.
7 » diverses fêtes de la Sainte-Croix.
9 » diverses fêtes de la Sainte-Église.
30 » dimanches n'ayant aucune autre fête.
En tout, cent trente-six jours dans l'année.
Puisque nous en sommes au chapitre des jours, durant
lesquels on s'abstient de commémorer les saints, nous croyons à propos
d'ajouter quelques mots d'éclaircissement au sujet des périodes de
pénitence ou d'abstinence liturgique (pahk). C'est encore une
spécialité propre au rite arménien, qu'à certains jours les offices et
la messe soient appliqués exclusivement aux prières de pénitence et il
la commémoration des morts. Ce sont, en général les mercredis et les
vendredis de chaque semaine, sauf coïncidence de fètes dominicales;
puis les jours du carème, les samedis et dimanches exceptés; les cinq
jours des quatre semaines qui précèdent les grandes fêtes; enfin les
semaines de l'Avent et de l'Aratchavor. Ordinairement, les offices de
pénitence ou d'abstinence sont accompagnés de maigre; mais cette règle
comporte quelques exceptions. Une dispense réglementaire est accordée
pendant les mercredis et les vendredis de la quarantaine pascale et
durant l'octave de la Théophanie. En dehors de cette période, le maigre
des mercredis et vendredis est de rigueur, même dans les cas de fêtes
dominicales. Le maigre de la semaine de la Pentecôte est obligatoire
malgré la fête dominicale du Saint-Esprit. Les semaines consacrées au
maigre de l'automne et de l'hiver et celle qui prépare ci la grande fête
de l'illuminateur, conservent la commémoration des saints, sans
interrompre le régime maigre. Il en est de mème pour les samedis et les
dimanches du carême et pour l'abstinence de la Théophanie. Nous
avons dit ailleurs que les jours consacrés au maigre atteignent le
nombre de cent-soixante. Ils sont de cent dix-sept pour l'abstinence
liturgique, y compris le carême. En ajoutant ci ce nombre les cent
trente-six fêtes dominicales, on a un total de deux cent cinquante-trois
jours; il n'en reste que cent douze pour les fêtes commémoratives des
saints, qu'on est obligé de grouper ensemble. Bien rares sont dans le
calendrier arménien les jours consacrés à la commémoration d'un seul
saint.
79
XXXIX. LA COMMEMORATION DES SAINTS
Sans avoir I'intention de passer en
revue le martyrologe arménien, ce qui nous ménerait trop loin, nous
croyons utile de donner un bref aperçu de l'hagiographie de son église.
Aussi bien cette étude contribuera à jeter un surcroit de lumières sur
ses relations avec les autres églises, en précisant en même temps
l'époque où ses institutions liturgiques ont été définitivement fixées.
Pour nous conformer à l'ordre chronologique, commençons par les
esprits célestes. Une seule fète leur est consacrée; seuls les
archanges Michel et Gabriel y sont nominativement cités. Les saints de
l'Ancien Testament figurent en grand nombre dans le calendrier. Une
fète est dédiée à tous les patriarches. Parmi ceux qui ont vécu avant
le déluge, on évoque nominalement la mémoire d'Adam, d'Abel, de Seth,
d'Enos, d'Enoch et de Noë. Ensuite les patriarches venus après le
déluge: Melchisedech, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, Aaron, et
Éléazar. De l'époque des juges on évoque les noms de Josué, de Barac,
de Gédéon, de Jephté, de Samson et de Samuel. La liste s'accompagne de
la formule: Et les autres patriarches. Job le Juste est l'objet d'une
fète spéciale. Dans la série des prophètes on distingue David, Elysée,
Isaïe, Jérémie, Daniel, Ezechiel et Esdras. Les douze petits prophètes
sont groupés dans une solennité collective. La mémoire de Zacharie,
l'un des douze, est l'objet d'une fête supplémentaire à l'occasion de
la translation de ses reliques en Arménie. L'ascension du prophète Elie
n'est l'objet que d'une simple mention. On glorifie également les
martyrs du Vieux Testament, savoir: les Trois-Enfants dans la fournaise
de Babylone, le prètre Eléazar, la veuve Samounée et ses sept fils.
Parmi Ies saints contemporains de Jésus sont cités: les Innocents de
Bethléhem, Joachim et Anne, parents de Ailarie, Zacharie, père de
Jean-Baptiste, Joseph, époux de Marie, et Jean-Baptiste, en I’honneur
de qui quatre fètes sont célébrées dans l'année. En passant aux saints
du Nouveau Testament, nous trouvons tout d'abord la fête collective des
treize apôtres, y compris saint Paul; puis viennent celles qui leur
sont particulièrement consacrées, associés par deux. Quant aux
Soixante-douze disciples, une fête générale célèbre leur mémoire.
Certains jours spéciaux sont désignés pour en célébrer quelques-uns
nominativement, sauf le doute restrictif s'ils font partie de ce
groupe. Nous rangerons dans cette catégorie: Jacob et Siméon, nommés
frères de Jésus ; les évangélistes Marc et Luc; les diacres Etienne et
Philippe; les disciples Lazare, Ananie, Jean Marc et Barnabé. On y
ajoute Joseph d'Arimathée, le centurion Longin, témoins de la passion,
et le centurion Corneille. Parmi les disciples de saint Paul, on évoque
la mémoire de Timothée, de Tite, de Silas, de Sylvain, d'Onésime, en y
ajoutant la formule: et autres disciples. On range également dans ce
groupe, les docteurs Hierothée ou Rhétée l'Athénien et Denis
I'Aréopagite. Le calendrier consacré aussi une fête générale aux
saintes femmes myrophores (Yughaber), à la tête desquelles figure
Marie-Madeleine; une autre, aux soeurs de Lazare. A ce groupe se
rattachent la martyre Thècle, disciple de saint Paul, et la vierge
Hermonée, fille du diacre Philippe. Le calendrier mentionne cgalement
de nombreux martyrs et plusieu rs confesseurs, vénérés par Ies autres
églises ; tous cependant sont antérieurs à l'époque qui précéda la
scission qui émietta l'église universelle. La nomenclature de ces
saints que nous allons donner, malgré son aridité, ne laisse pas d'être
utile au point de vue de l'histoire des relations entre les églises.
Pour plus de clarté, nous garderons l'ordre des diverses églises et des
siècles, auxquels remontent ces saints.
Eglise d'Antioche, IIe siècle : l'évêque Ignace, et la
vierge Christine; IIIe siècle : le vieillard Barlaam et l'évèque
Babylas et ses disciples; IVe siècle: l'évêque Mélétius, les prêtres
Lucien, Théodorète, Eugène et Macaire; le diacre Cyrille; le chantre
Romanus d'Emesse, les martyrs Artémius, Hibérique et ses compagnons,
Hysichius, et Christophe, et les femmes martyres Callinice et Acylinée;
Ve siècle: Siméon le Stylite.
Église de Cilicie, IIIe siècle: les martyrs Callinique, Diomède,
Cosme et Damien, Taragus et ses compagnons, et la martyre Pélagie.
80
Église de Mésopotamie, IIIe siècle: l'évêque Barsame d'Edesse; IVe
siècle: les docteurs Jacques de Nisibe et Ephrem le Syrien, le
cénobiarque Marcellus, les martyrs Serge et Bacchus, Gurias et ses
compagnons, et la vierge Fébronie; Ve siècle, l'évêque Maruthas.
Église de Jérusalem, IVe siècle: le patriarche Cyrille, l'évêque
Judas-Cyrille et sa mère, et l'anachorète Romanius; ve siècle: le
patriarche Jean. Église de Chypre, ve siècle: l'évêque Épiphane.
Église d'Alexandrie : IIe siècle: la vierge Eugénie, ses parents et
ses frères; IIIe siècle: le martyr Antonin ; IVe siècle: les
patriarches Pierre et Athanase, le diacre Absalon, les martyrs Varus,
Théophyle de Lybie, Mennas d'Egypte, Mennas d'Alexandrie et ses
compagnons, et la vierge Catherine; ve siècle: le patriarche Cyrille.
Viennent ensuite les cénobiarques Antoine et Onuphrius, et un groupe de
treize anachorètes de la Thébaïde, mentionnés nominativement, avec
l'addition: Et autres. Église d'Éthiopie: Ve siècle: le martyr Kharitas
et ses dix-mille compagnons.
Église de Césarée, IIe siècle: le martyr Romulus ; IIIe siècle: les
martyrs Polyeucte, Mercure et Mamas ; IVe siècle: les évêques Basile le
Grand, et Grégoire de Nysse, les martyrs Gordius, Eudoxius et ses
compagnons, Andreas et sa légion.
Église de Sébaste, IIIe siècle: l'évêque Grégoire de Néocésarée ; IVe
siècle: les évêques Blaise et Athénagène avec ses compagnons, les
quarante martyrs de Sébaste, les quarante-cinq martyrs de Nicopolis,
les deux Théodores, et les martyrs Sévérien et Eustratius avec ses
compagnons. Église de Lycaonie, IIIe siècle: les martyrs Triphon, et
Philictimon; IVe siècle: le martyr Théoditon et ses compagnons, la
martyre Juliette et son fils, la vierge Marguerite.
Église du Pont, Ile siècle: l'évêque Phocas; IIIe siècle : le martyr
Acacius; IVe siècle: les martyrs Valère, Candide et Aquilas.
Église d'Éphèse, IIe siècle: l'évêque Polycarpe et les martyrs de
Smyrne; IIIe siècle: le prêtre Pion, le martyr Thémistocle, et les sept
Dormants; IVe siècle: les évêques Nicolas de Myre, Myron de Candie, et
le martyr Adoctus .
Église de Constantinople, IVe siècle: les patriarches Mitrophanés,
Alexandre, Paul et Grégoire le Théologue, les syncèles Marcien et
Martyron, les empereurs Constantin et Théodose, l'impératrice Hélène,
la vierge Euphémie, et le confesseur Jean; Ve siècle: le patriarche
Jean Chrysostome et la vierge Euphrasie.
Église de Thessalie, IVe siècle: l'évêque Irénée de Sirmium, le prêtre Mocimas, et le martyr Démètre.
Église de Galatie, IIIe siècle: le martyr Eleuthère ; IVe siècle:
l'évêque Clément, le prêtre Basilisque, les martyrs Platon et Thiodite,
la vierge Barbara et les sept Vierges martyres. Église de Bythinie :
IIIe siècle: le martyr Quadratus ; IVe siècle: les évêques Antime et
Théopompe, les prêtres lc:llnolaus et Clericus, les martyrs Georges,
Pantaléon, Anicète, Photin, Adrien et sa femme, Eulampius et sa soeur,
Théonas, Indus, Domnas, Bassus et ses trois compagnons, Babylas et ses
élèves, ainsi que les vingt mille victimes brûlées vives dans l'église
de Nicomédie, et les vierges Julienne et Basilisse.église de Rome, Ile
siècle: les évêques Pancrace de Taormine, et Irénée de Lyon, le martyr
Eustache et sa famille, la martyre Sophie et ses filles; IIIe siècle:
le patriarche Etienne et ses compagnons, le martyr Callistrate et ses
compagnons, le confesseur Alexien; IVe siècle : le pontife Sylvestre,
et l'évêque Janvier .
Église d'Afrique, IIIe siècle: l'évêque Cyprien, et la vierge
Justine. Église de Perse, IVe siècle: les évêques Marc, Mélèce et
Acephsime, les prêtres Joseph et Buras, les diacres Ayithalas et Sénés,
les martyrs Serge, son fils et ses compagnons; ve siècle: le diacre
Benjamin, les martyrs Ormisde, Sayen et Jakovik; VIe siècle: le prêtre
Anastase, et le martyr Abdulmessih.
Nous avons réservé pour la fin la liste des saints
appartenant en propre à l'église arménienne, parmi lesquels il n'y a
que le patriarche Grégoire l'Illuminateur qui soit reconnu par les
autres communions. L'église arménienne lui a consacré trois fêtes, dont
une de précepte. ler siècle: l'évêque Addèe d'Edesse, le roi Abgar, et
la princesse Sandouhte. IIe siècle: les martyrs Oski et ses quatre
compagnons, Sukias et ses dix-huit compagnons. IVe siècle: les vierges
Rhipsimée et ses trente-trois compagnes, Gaïanée et ses deux compagnes,
Nounée et Manée; les patriarches Aristakés, Vertanés, Houssik et
Nersés; les évêques Grigoris, Daniel et Khath; le roi Tiridate, la
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reine Aschkhène, la princesse Khosrovidouhte, les
anachorètes Antoine et Kronidés, les martyrs Etienne d'Ulnie (Zeytoun)
et ses compagnons. ve siècle: les patriarches Isaac et Joseph, le grand
docteur Mesrop, les évêques Isaac et Thathik, les docteurs Élisée,
Moïse et David, les prêtres Léonce, Mouschegh, Arschène, Samuel,
Abraham et Khorène, les diacres Katchatch et Abraham, les martyrs Atom
et sa légion, Vardan et ses mille trente-cinq compagnons; les
anachorètes Thathoul, Varus et Thomas, la martyre Suzanne. VIe siècle:
les sept anachorètes Khotadjarak, et les martyrs Grigor-Rajik et
Adéodat. VIle siècle: le martyr David de Douine. VIIIe siècle: le
prince Vahan de Golthn, les satrapes Sahak et Hamazasb Ardzrounis, le
patriarche Hovhannès III d'Otzoun. IXe siècle: les princes Isaac et
Joseph. Xe siècle: le docteur Grigor de Narek. XIIe siècle: le
patriarche Nersès IV Schinorhali, et le martyr Goharin et ses
compagnons. XIVe siècle: le docteur Hovhannès d'Orotn. XVe siècle: le
docteur Grigor de Tathev. En clôturant cette liste, citons un rite
propre à l'église arménienne, qui a institué trois fêtes spéciales pour
commémorer les saints conciles de Nicée, de Constantinople et
d'Éphèse. On a pu remarquer que les saints appartenant aux autres
églises, et qui, dans l'église arménienne, sont l'objet d'un culte,
sont antérieurs à la moitié du Ve siècle. Il peuvent, à ce titre, être
considérés effectivement comme appartenant en commun à l'église
universelle. Le nombre des saints admis aux honneurs des autels
postérieurement à cette date n'est que d'une douzaine, et seulement
parce que leurs mérites sont universellement reconnus
82
LITTERATURE
XL. APERÇU GÉNÉRAL
Nous avons eu déjà l'occasion de donner
dans le cours du présent ouvrage de brèves indications sur la
littérature arménienne. Sans vouloir revenir sur ce sujet, nous nous
permettrons seulement d'attirer l'attention du lecteur sur son caractère
qui est éminemment religieux. S'il est vrai qu'une étroite corrélation
subsiste entre la vie d'une nation et l'expression littéraire de sa
pensée, on ne peut nier que le caractère ecclésiastique, dont la
littérature arménienne est pénétrée, n'ait contribué à la conservation
de la conscience nationale. La vie politique de cette nation s'est
éteinte il y a plusieurs siècles. Par suite de ses émigrations
perpétuelles elle a perdu même l'avantage d'une existence concentrée ;
et pourtant, quoique dispersée et amoindrie, elle est encore là gardant
son nom, sa langue et ses traditions. J'ajouterai même qu'elle donne, à
l'heure où j'écris ces lignes, des marques évidentes d'une vitalité
parfaite. Cet étonnant phénomène de survie ne peut s'expliquer que par
la vertu agissante de la langue et de la liturgie écrites: force
impondérable, qui a résisté à l'action du temps et aux vicissitudes des
révolutions asiatiques . Les sentiments et Ies affections sont par
eux-mêmes trop transitoires et précaires, pour assurer aux
collectivités une pratique et durable. Une force toujours active est
indispensable pour maintenir la cohésion des membres qui les composent.
Cette force, l'Arménie l'a puisée dans sa littérature. Elle lui a
servi de centre de ralliement, alors qu'elle était dépourvue de liens
politiques. Il y a quelque chose de providentiel dans ce fait, que Ies
débuts de sa littérature aient coïncidé juste au moment où la vie
politique se retirait d'elle. Il semble que S. Sahak et S. Mesrop aient
eu la prescience du danger national, quand ils ont combiné l'alphabet
arménien. C'est à ces deux ecclésiastiques, dont la vocation témoigne
de leur ardeur spirituelle qu'est due cette merveilleuse invention dont
les conséquences ont été si fécondes. Elle a donné d'abord à l'église
une langue, des rites, et un rituel propres, toutes conditions
indispcnsables à son existence. Elle a procuré à la race qu'elle a
groupée dans son sein les moyens de sauvegarder et d'alimenter
indéfiniment sa vitallité sociale. C'est par elle que l'individu a pu
conserver et cultiver d.une manière énergique son identité, au point de
conjurer les dangers qui ont périodiquement menacé la natioc d.une
extinction complète. Le développement de cette littérature n'a guère
cessé de présenter le caractère religieux qui a signalé ses débuts. Les
écrivains arméniens sont d'accord pour dire qu'elle a eu un âge d'or
et un âge d’argent; mais ils varient sur l'époque où il convient de
placer exactement ces deux âges. Cependant ils croient pouvoir les
fixer dans la période comprise entre le Ve et le XIle siècle. Or, on
remarquera que pendant ce long espace de huit siècles, on ne compte
parmi les cinquante écrivains connus, que deux seuls laïques, le prince
Grigor Maguistros et le médecin Mekhitar de Her. On cite également
Schapouh Bagratouni, qui vivait au IXe siècle, mais son histoire, qu'il
aurait écrite en langue vulgaire, ne nous est point parvenue. Cette
littérature se compose en majeure partie de manuels d'église, comme la
traduction de la bible et les rituels, qui sont écrits dans la plus
pure langue classique, contrairement à ce qu'on observe ailleurs, où
les livres sacrés marquent la décadence de la langue. A côté de ce
groupe d'ouvrages, on peut citer la collection des pères de l'église. A
peu de choses près, les traductions de toutes les ceuvres d'Ignace
d'Antioche, d'Irénée de Lugdune, de Grégoire de Néocésarée, d'Athanase
d'Alexandrie, de Théophane de Chypre, d'Eusèbe de Césarée, de Procle de
Constantinople, de Cyrille de Jérusalem, de Basile de Césarée, de
Grégoire de Nazianze, de Séverien d'Émesse, de Grégoire de Nysse, de
Jean Chrysostome, d'Ephrem le Syrien, sont des modèles de style
soutenu. Des membres du clergé traduisaient en même temps les livres
des philosophes : Aristote, Platon, Denis, Justin, Porphyre, PhiIon,
Aristide, Piside. C'est ainsi que l'église contribuait par ses travaux
non seulement à l'édification, mais à l'instruction générale de la
nation. Les livres d'histoire, dont le nombre est considérable, sont
également dus à la science d'ecclésiastiques, tels que: Moïse de
Khorène, Lazare
83
de Parpi, Élysée vardapet, Koriun Skantchéli, Hovhannès
le catholicos, Stépanos Orbélian, Guévond vardapet, Stépanos Assoghik,
et bien d'autres qu'il serait fastidieux d'énumérer. Il en fut de même
des livres d’Agathange, de Zénob et de Fauste de Byzance, qu'on
présume être des traductions. On voit, par ces exemples, que la
meilleure époque de la littérature arménienne est exclusivement remplie
par les oeuvres du clergé. Comme on l'a vu dans la partie historique,
la période comprise entre le XIIe et le XVIIe siècles fut pour la
nation arménienne un temps de décadence sociale. Sa littérature se
ressent de la déchéance des esprits. Les quelques écrits qui nous sont
parvenus de cette époque, sont également dus au clergé. Celui-ci eut,
de plus, le mérite de ne point négliger l'éducation du peupIe. Il
accomplit cette tâche, dans la mesure où les circonstances le lui
permirent, car l'on sait qu'il eut à lutter souvent contre des
obstacles insurmontables. A cette même époque vivaient le médecin Amir
Dolvat et le fonctionnaire Yérémia Keumurdjian, qui comptent parmi les
rares écrivains laïques. Malgré la qualité inférieure de tous ces
écrits, ils ne laissent pas néanmoins d'être intéressants au point de
vue de l'histoire des moeurs et de l'esprit du temps, dont ils sont le
fidèle reflet. Ils constituent également une source de précieux
renseignements sur les événements d'une époque encore fort peu connue.
C'est au clergé que revient également le mérite d'avoir conservé les
ouvrages des âges précédents, par le soin, qu'il prit, d'en multiplier
les copies manuscrites. Celles que nous possédons remontent en totalité
à cette période de décadence; car les manuscrits anciens sont des plus
rares.
84
XLI. DERNIERS SYMPTOMES
A partir du XVIIIe siècle, la
littérature entre dans une phase de renaissance. Mais le clergé ne cesse
de tenir la tête du mouvement intellectuel, et tout progrès, comme
toute amélioration sociale, tlartent de son initiative. Vardan, Golod
et Nalian en Orient, Mekhitar et Khatchatour en Occident, déploient les
plus louables efforts, non seulement pour régénérer la littérature
nationale, mais pour propager l'éducation parmi le peuple et
l'instruction au sein du clergé. Ies livres se multiplient alors d'une
manière inespérée, grâce à l'usage de l'imprimerie qui se répand de
plus en plus en Orient. Le peuple est enfin appelé à participer aux
bienfaits de l'instruction. Une multitude d'écrivains s'illustrent dans
tous les rangs des classes sociales. Fait inouï: les laïques
commencent eux-mêmes à se livrer à l'enseignement, qui, jusqu'alors,
avait été le monopole exclusif des ecclésiastiques. Dans cette société,
qui se régénère, apparaît une classe spéciale d'enseignants, qu'on
désigne sous le titre pompeux de Patvéli (honorable). Depuis, rien n'a
ralenti cette marche vers le progrès; l'ascension des esprits s'est
effectuée d'une manière sûre et continuelle, suivant le mouvement
général du siècle. Comme la littérature religieuse est la seule qui
nous occupe ici, nous devons ajouter que si les ceuvres, qu'elle a
données, sont abondantes, elles sont loin d'être aussi satisfaisantes
qu'on pourrait le désirer. Le père Mikaël Tchamtchian, des
Mekhitaristes de Venise, a eu le mérite de restaurer les études
historiques, mais force est de convenir que son histoire nationale
laisse à désirer au point de vue de l'esprit critique et de ses
relations avec l'histoire généraie. Les études sur les origines de la
nation sont encore très incomplètes. L'histoire de l'église elle-même
se ressent des lacunes de cet enseignement, qui en est encore à ses
débuts. D'autre part, les congrégations Mekhitaristes de Venise et de
Vienne, auxquelles on ne saurait refuser le mérite d'avoir contribué
efficacement au développement des lettres, n'ont pu échapper à cet
esprit de particularisme qui les éloigne de l'église arménienne. Les
séminaires d'Etchmiadzine et d'Armache ont entrepris récemment des
travaux critiques, pour démontrer le caractère pur et authentique de
cette église que les auteurs catholiques ont essayé de déplacer au
point de la rendre méconnaissable. Les facilités de communications avec
l'Europe moderne ont jeté les Arméniens de ces derniers temps dans le
courant des idées modernes, où se laissent entraîner principalement les
races latines de l'Europe. Cette circonstance a donné lieu à l'éclosion
d'opinions et d'idées antireligieuses, qui se sont traduites par des
pamphlets dirigés contre l'église. Celle-ci, obligée de se défendre,
s'est engagée dans une voie nouvelle, qui est celle de l'apologie. Il
en est résulté un plus grand effort pour arriver à élever le niveau
intellectuel du clergé, auquel incombe le désir de combattre ces
tendances audacieuses. On peut penser cependant que ces mesures sont
superflues, car l'église arménienne se trouve sur un terrain trop
solide, et son esprit de tolérance est par trop évident pour qu'elle ait
à redouter les assauts d'une irréligiosité qu'elle n'a pas provoquée.
Ceux des Arméniens qui croient servir la cause de la liberté par leurs
opinions exaltées, paraissent ignorer quels sont au juste l'esprit et
la doctrine de leur église. Ils ignorent que les tendances
antireligieuses et anticléricales n'ont pas naissance que dans les pays
où domine le catholicisme romain; tendances, qu'il a provoquées par
ses exagérations irréfléchies. D'une façon générale les pays
protestants sont à l'abri de ces excès, sans doute à cause du
libéralisme professé par la religion dominante. Les Anglo-Saxons, qu'on
peut considérer comme les pionniers de la liberté, sont en même temps
sincèrement attachés à la foi. L'exposé que nous avons fait de notre
doctrine nous donne le droit d'affirmer qu'en matière de libéralisme et
de tolérance religieuse, l'Eglise arménienne ne le cède à aucune
autre, si toutefois elle ne leur est pas supérieure. Rien n'est plus
aisé pour un écrivain arménien, que la défense de son église en
particulier, et de la religion en général, contre les attaques de ce
qu'on appelle l'esprit moderne. Pour cela, il lui suffit de mettre en
lumière ses principes et sa doctrine, d'éliminer tout ce qui est
d'importation étrangère, de suivre strictement la règle tracée par ses
anciens docteurs, de garder en toute chose le sens de la tradition, et
de maintenir enfin la féconde et légitime collaboration du clergé et
des laïques qui est dans son esprit et dans ses institutions. De
soi-même naitra alors la conviction due le christianisme, qui a apporté
la lumière de la liberté au monde, ne saurait être hostile au progrès
de la raison humaine.
85
LE PRESENT
XLII. L'ASPECT EXTÉRIEUR
Tout ce que nous venons d'exposer se
rapporte principalement au passé de l'église arménienne. Les lecteurs
sont maintenant quelque peu renseignés sur ses débuts, son commencement
et les vicissitudes de son histoire. Jusqu'à ce jour elle était, je ne
dirai pas totalement ignorée, mais assurément fort peu connue. Après
avoir raconté son passé nous allons maintellant exposer en quelques mots
sa situation présente. La chrétienté entière se partage en quatre
branches savoir: branches catholique et protestante, en Occident
branches dyophysite et monophysite, en Orient. Nous nt ferons aucune
difficulté pour reconnaître que cette dernière n'a plus le prestige que
donnent le nombre et Ia puissance. Elle ne peut plus se prévaloir que
de celui de son antiquité. l.'église arménienne, qui appartient à cette
branche, occupe la première place parmi les divers groupe dont elle se
partage. La communion dans la foi et dans Ia charité spirituelle ne
cesse de les unir entre elles; car le canons de l'église primitive
n'exigent point une centralisation d'administration. C'est ainsi que
les églises syrienne copte et abyssinienne conservent leur hiérarchie
autocéphale. Il est d'usage de comprendre aussi dans ce groupe l'église
chaldéenne, bien que sa profession de foi ne soit pas identique aux
précédentes. Cette assimilation a été provoquée par le gouvernement
ottoman, qui l'a, de sa propre autorité, rattaché au commencement au
patriarcat arménien. L'église arménienne a donc un caractère
essentiellement national, suivant le type idéal ancien. Elle reconnaît
pour centre et dépositaire du pouvoir suprême le catholicos, qui siège à
Etchmiadzine, et dont la juridiction s'étend sur l'universalité des
fidèles arméniens dispersés à travers le monde; tous sont également les
brebis du même troupeau. Nous ne reviendrons pas sur une question que
nous croyons avoir déjà suffisamment traitée, savoir la distribution
des diocèses et des sièges secondaires, ni sur les questions relatives à
la discipline observée dans l'administration ecclésiastique. Nous nous
bornerons à dire, à ce sujet , que les diocèses de Russie suivent Ies
dispositions du règlement de 1836, dénommé Bologénia, lequel a été
Confirmé par ukase impérial; tandis qu'en Turquie prévalent les
dispositions du règlement de 1860, connu sous le nom de
Sahmanadrouthiun, et qu'a sanctionné un iradé impérial. Ces règlements,
quoique basés sur les canons et les usages anciens, ont été mis en
harmonie avec les droits politiques modernes. Ils contiennent néanmoins
divers privilèges, qui constituent, en faveur des ecclésiastiques,
autant de droits exceptionnels. Cette situation, le nouveau régime
constitutionnel, qui vient d'être introduit en Russie et en Turquie,
refuse de l'admettre, et la politique de ces deux gouvernements
s'applique à la supprimer. Il en est résulté par suite un conflit
latent entre les pouvoirs politiques et les pouvoirs ecclésiastiques de
ces deux pays. Mais ces derniers pouvoirs forts de leurs droits
acquis, entendent garder leurs privilèges aussi longtemps que la Russie
et la Turquie maintiendront, l'une à l'orthodoxie et l'autre à
l'islamisme, les bénéfices d'une situation privilégiée. Si l'on faisait
état des données historiques sur la situation de l'église arménienne,
le nombre de ses fidèles se serait élevé jadis à une trentaine de
millions, au moins. Aujourd'hui, il n'est plus que de quatre millions.
Cependant ce chiffre n'est qu'approximatif, car aucune statistique
officielle n'a pu encore être établie par les chancelleries
diocésaines. Les émigrations et les massacres périodiques, ainsi que les
conversions et la fusion des convertis avec les éléments hétérogènes
et les races environnantes, sont causes de cette énorme diminution.
Nous comptons d'ailleurs donner, à la fin de ce volume, une statistique
approximative de la population par diocèses.
86
XLIII. LES DIVERS ÉLÉMENTS
L'esprit de tolérance religieuse,
avons-nous dit, a singulièrement facilité le passage des Arméniens à
d'autres professions de foi chrétienne. Nous passerons sous silence les
conversions à l'islamisme, dues, principalement, à l'action directe des
pouvoirs publics. Les descendants de ces convertis, entièrement acquis
à l'islamisme, ne sont plus arméniens. Ils sont allés grossir les
contingents des populations turques et kurdes de l'empire ottoman. La
plus ancienne fraction détachée de l'église arménienne est celle des
arméno-grecs (haïhorom), dont la scission remonte à la domination
byzantine. Jadis, elle était fort nombreuse; mais aujourd'hui elle est
réduite à peu de chose, à une dizaine de mille environ. Dispersés dans
les diocèses d'Eghine, d'Ismidt et de Keghy, ils conservent le souvenir
de leur origine, et les vieillards entendent encore la langue de leurs
aïeux. Les anciens arméno-grecs, incorporés et fondus, au fur et à
mesure, dans l'élément grec, ne possèdent plus aucun aspect extérieur ou
religieux de leur nationalité originelle. On a pu craindre un instant
que la domination russe au Caucase n'arrivât à grouper, par voie
d'absorption, une communauté arméno-russe; mais les essais, que le
pravoslavisme a tentés dans ce sens, n'ont eu aucun succès, à
l'exception d'un village du Caucase, et de quelques familles dans les
capitales qui se sont laissés gagner . Le prosélytisme catholico-romain
a été plus heureux. Il a réussi à former une communauté indépendante,
qui a été reconnue par le gouvernement. Ce succès est dû à l'ascendant
politique des puissances catholiques et aux subsides de la Propagande.
Il a été singulièrement favorisé aussi par la tactique de la curie
romaine, qui, à quelques modifications près, a autorisé les éléments
convertis à faire usage du rite arménien. Les premiers missionnaires
cependant avaient formé le projet de lui substituer les rituels latins
traduits en arménien; mais ils durent y renoncer à cause de la vive
opposition qu'il souleva. La curie de Rome recourut alors à un autre
expédient. Elle publia une édition spéciale des rituels arméniens, où
le texte, en apparence respecté, était de beaucoup altéré. Cet
expédient n'ayant guère eu plus de succès, elle s'est résignée à
introduire des interventions arbitraires et forcées au texte primitif.
Cela lui a mieux réussi. Les débris des premières conversions, qui
remontent au XVIe siècle, vivaient dispersés en Cilicie et en Arménie,
lorsqu'au début du XVIIIe siècle fut inaugurée à Constantinople, la
vigoureuse campagne de prosélytisme, qui partagea la nation en deux
camps. Les congrégations des Mekhitaristes et des Antonins, et un siège
hiérarchique, fondés à cette époque, aidèrent puissamment au
mouvement. Il grandit si bien que les arméno-catholiques ont fini, grâce
à l'approbation du sultan par se constituer en Turquie en nationalité
(millet), et en hiérarchie spéciale. En Russie, les arméno-catholiques
forment une communauté à part, mais ils sont soumis à l'évêché latin de
Saratov. On en compte également un certain nombre en Galicie et en
Hongrie; toutefois ils n'ont aucune relation avec leurs coreligionaires
d'Orient. Le nombre total des arméno-catholiques répandus. dans le
monde peut être évalué à deux cent mille. environ. Les villes de
Turquie, où ils comptent Je plus d'adhérents, sont: Constantinople,
Angora, Alep, Mardin et Khotortchour; Akhalzikhé, au Caucase et
Lemberg, en Galicie. La communauté arméno-protestante est de date
récente. La prétention, qu'émettent quelques-uns des ses membres, de
descendre des Thondrakiens ou Pauliciens d'Arménie, est purement
chimérique. Il est avéré que ces vieilles sectes n'ont point laissé de
descendants en Orient. Nous n'apprendrons rien à personne en disant,
que le protestantisme oriental n'est qu'une importation de
missionnaires américains. Ces derniers, encouragés par les succès des
arménocatholiques, ont essayé de former une nationalité (millet)
spéciale en Turquie, avec les droits y afférents. Leur nombre, qui
atteint approximati vement quatre-vingt mille individus, forme un
certain nombre de petites agglomérations dispersées dans l'empire. Ils
sont groupés principalement autour de leurs institutions de Kharpout,
d' Aïntab et de Merzifoun, fond ées et entretenues par lies oeuvres
américaines. Leur l'rofession de foi s'inspire des principes de
l'église évangélique ; seuls quelques rares individus appartiennent aux
professions épiscopale et baptiste. Les arméno-protestants sont
aliministrés par des missionnaires américains et vivent en partie lies
ressources que ces derniers leur procurent. Nous devons signaler
également l'existence, dans le Caucase, d'un
87
groupe de quelques milliers de protestants arméniens,
mais comme ils n'ont pas d'existence propre, ils se confondent avec la
communauté étrangère. Ajoutons enfin que catholiques et protestants
sont administrés en Turquie par des règlements intérieurs, que le
gouvernement ottoman n'a point confirmés.
88
XLIV. LE CARACTÈRE NATIONAL
Tous les voyageurs, qui ont étudié de
près le vieil Orient, ont porté le jugement le plus favorable sur le
caractère de l'Arménien. Tous sont d'accord pour lui reconnaître des
qualités d'intelligence et de souplesse. Mais le trait qui le
caractérise d'une manière particulière, c'est son esprit éveillé et
entreprenant, qui lui a permis de traverser, à peu près indemne, les
situations les plus difficiles et les plus dissolvantes. On peut
résumer son histoire, en disant qu'elle apparaît aussi obscure dans son
commencement, qu'éphémère dans sa prospérité, et, pour le reste,
qu'elle n'a jamais cessé d'être traversée de dramatiques péripéties. Les
incursions, les ravages, les vexations et les massacres font de cette
histoire un long martyrologe. Et pourtant l'Arménien ne s'est laissé
jamais abattre par le désespoir, ni par ce qu'on appelle l'indolence
orientale; il a toujours su mettre à profit les circonstances qui
s'offraient à son activité, pour utiliser ses aptitudes naturelles ou
acquises. En dépit des obstacles et des entraves, il a su jouer un rôle
actif auprès de ses dominateurs, et s'élever aux plus hautes
situations dans les pays où il a émigré. Il a cultivé avec un égal
succès toutes les branches de l'activité humaine. Il a excellé dans le
commerce, dans l'industrie, dans les arts et dans les sciences. Dès la
plus haute antiquité, le commerce de l'Asie était entre ses mains; les
produits de l'industrie arménienne figuraient sur les marchés de Tyr et
de Babylone. Au Moyen Age, les villes libres arméniennes de Pologne et
de Hongrie étaient des centres d'activité et de progrès. On ignore
généralement que la compagnie anglaise des Indes n'a fait qu'hériter
d'une situation créée par une compagnie arménienne, qui jouissait de
pouvoirs civils et militaires. D'autre part, c'est un fait notoire que
les populations arméniennes qui, à différentes époques de l'histoire,
ont été arrachées de leur territoire pour être transportées en Turquie
ou en Russie, ont puissamment contribué à la prospérité de ces Etats.
Les plus belles ceuvres d'architecture, les institutions les plus utiles
de l'empire ottoman sont l'ceuvre d'Arméniens. On leur doit les
finances, la monnaie la fabrication des poudres, ainsi que les services
administratifs de l'armée; ce qu'on appelle d'une manière vague l'art
oriental, si charmant dans sa fantaisie, est en grande partie le fruit
de leur imagination et de leur génie. Plus d'un Arménien a brillé dans
les emplois civils et dans les charges militaires. Les plus grandes
victoires des armées russes ont été remportées par des généraux
arméniens. C'est à un .diplomate arménien qu'est due incontestablement
la régénération de l'Égypte nouvelle. Le réveil de la liberté en Orient a
eu pour précurseur cette nation, qui n'a atteint son but qu'au prix
des plus grands sacrifices; on peut même dire qu'elle en paie encore la
rançon. L'énumération des services qu'elle a rendus au monde oriental
serait trop longue, si l'on voulait passer en revue tout ce qu'elle a
fait; on y verrait avec quel zèle et quel inlassable dévouement elle
s'est attachée à servir un idéal qui n'était pas le sien, et cela par
esprit de fidélité et pour satisfaire à un besoin d'activité et de
progrès. Malheureusement, les choses changent d'aspect, quand on
considère cette nation dans son ensemble, et qu'on examine de près ce
qu'elle a fait, ou ce qu'elle a été jadis comme peuple. Une navrante
impression de découragement se dégage de cet examen. Certes, la cause
première de ces malheurs réside dans la situation topographique de son
antique domaine. L'Arménie, privée de débouchés maritimes et fluviaux,
exposée de tous côtés aux incursions de ses voisins, contre lesquels
elle n'a pu jamais opposer que des forces insuffisantes, s'est trouvée à
la merci de toutes les vexations. Mais cette circonstance peut-elle
excuser les défaillances collectives ? Vainement chercherait-on dans
son histoire une trace des brillantes qualités dont les Arméniens font
preuve comme individus. Ces qualités ont toujours été neutralisées par
les pressions du moment, faites de jalousie et d'ambitions effrénées.
Les exemples, à jamais regrettables, de ces défauts, qui ont engendré
d'inexcusables dissensions et conduit à la ruine définitive, n'y sont
que trop fréquents. Qu'on se rappelle la fin des Arsacides, la journée
d'Avaraïr, et la dramatique chute d'Ani. Les vivacités d'esprit et
l'audace dans les desseins, souvent utiles dans les circonstances
exceptionnelles, sont généralement nuisibles, quand elles ne sont pas
dominées par la prudence; elles font avorter les plus sages
entreprises. Là est la cause de la plupart des insuccès, dont cette
nation a fait souvent la cruelle expérience. Des deux causes, l'une
physique et l'autre morale, qui ont concouru à sa ruine, il serait bien
difficile de
89
dire quelle fut la plus active. Assurément, l'influence
des causes physiques est indéniable; mais pour y remédier les
Arméniens ont-ils fait ce qu'ils devaient? En présence des grands
dangers, qui les pressaient de toute part, n'auraient-ils pas dû se
fortifier de prudence et de modération, faire appel à l'union et à la
concorde ? C'est par la coopération et la cohésion de toute les forces
disponibles, qu'ils auraient pu prévenir les calamités les plus
redoutables qui aient jamais pesé sur les destinées d'une race.
90
XLV. L'INFLUENCE DE L'ÉGLISE
Pour rester fidèle à notre sujet, nous
allons jeter un rapide coup d'oeil sur l'influence exercée par l'église
dans la vie du peuple arménien. II est de mode en ce moment d'attaquer
per las et nelas les abus des ministres du culte, pour en tirer des
conclusions contre l'église elle-même. Ces détracteurs semblent ignorer
que le progrès social dont ils sont fiers est le fruit du génie
chrétien et que les principes de liberté ont été, pour la première
fois, proclamés par la religion du Christ; que toutes les améliorations
réalisées dans le monde y ont puisé leur principe et leur force. Ce
qui est vrai pour l'église chrétienne en général s'est vérifié d'une
manière éclatante pour l'église arménienne en particulier. On a imaginé
d'imputer la décadence de l'Arménie à sa conversion au christianisme.
On a invoqué une coïncidence de date pour prouver cette assertion, sans
s'apercevoir qu'un siècle et demi sépare les deux événements. Un simple
examen des faits indique que les symptômes de sa décadence politique
sont antérieurs au IVe siècle. Ils ont eu pour point de départ la
rivalité des Romains et des Parthes, cela ne saurait faire aucun doute.
De sorte qu'on peut affirmer que l'avènement du christianisme, loin de
précipiter sa chute, eut au contraire le mérite de la retarder d'un
siècle et demi. Il n'y a là d'ailleurs rien que de très naturel car,
pour supposer le contraire, il faudrait admettre que la barbarie est
plus utile à la vie des peuples que tout autre système. D'aucuns ont
estimé que les guerres de religion du Ve siècle auraient constitué une
faute, et que la soumission à la religion de Zoroastre eût été plus
profitable aux destinées de la nation. Ils semblent ignorer que la
tactique des Perses, en imposant leur religion, n'avait d'autre but que
d'absorber les races dont ils faisaient la conquête. En se soumettant,
les Arméniens n'auraient pas manqué de subir le sort de celles qui
embrassèrent cette religion. Rien plus n'existe d'elles, pas même le
nom. D'autres ont essayé de prouver que la nation aurait été favorisée
d'un meilleur sort si elle s'était convertie en masse à l'islamisme. On
ne voit pas bien clairement quel avantage cette conversion lui aurait
procuré. Depuis la conquête, le nombre des convertis a été considérable;
les uns ont passé à cette religion par intérêt, les autres par
contrainte. Que sont-ils devenus ? Tous se sont fondus dans la masse
des populations turque et kurde. Le fait évident qui domine toutes les
arguties, c'est que le nom d'Arménien n'est porté que par ceux qui sont
restés fidèles à la foi du Christ. On a voulu également incriminer les
Arméniens de leur attachement à l'église nationale, pensant que leur
situation se fût améliorée s'ils avaient adopté le catholicisme romain;
ils se seraient ainsi aménagé l'appui des puissances catholiques. Pour
montrer combien grande est cette erreur, on n'aurait qu'à invoquer les
événements qui marquèrent les derniers jours du royaume de Cilicie. Ils
démontreraient que sa chute doit être précisément attribuée au
rapprochement qui s'était opéré avec les Latins. Il n'est pas difficile
de s'apercevoir également que les Arméniens, qui ont passé sans
restriction au catholicisme romain, ont fini par oublier leur origine ;
que les arménocatholiques de Turquie, eux-mêmes, qui jouissent du
bénéfice d'une communauté autonome, ne cessent de vivre en lutte
ouverte avec la papauté, qui vise à altérer le caractère de leur
nationalité. Tous ces faits témoignent, d'une manière absolue, que
l'église nationale a été le seul lien qui a uni en un faisceau
indestructible les débris dispersés de la race de Haïk. Elle lui a
donné, indiscutablement, non seulement des éléments de vitalité
intérieure, mais les moyens de les extérioriser et de les entretenir
par la pratique et l'exercice. Elle a fait d'eux un corps distinct,
toujours identique à lui-même à travers l'espace et le temps.
Dépourvue, depuis pIusieurs siècles, de vie politique, la nation s'est
attachée à elle, comme à une ancre de salut, et c'est ainsi qu'elle a
pu triompher des difficultés qui l'ont assaillie, bien qu'elle sorte de
cette lutte affaiblie et diminuée, Cette force, qui a exercé dans le
passé une action si efficace sur ses destinées, ne cesse d'agir. Elle
agira aussi longtemps que les circonstances lui en feront une loi.
L'expérience prouve qu'à défaut de lien politique, l'église nationale
est seule capable de suppléer à tout. Elle est l'âme visible de la
patrie absente, la dispensatrice des suprêmes satisfactions. En ces
dernières années il n'a été bruit en certains milieux que de prétendues
manoeuvres arméniennes qui tendraient à revendiquer une autonomie
politique. Les deux empires voisins, où les Arméniens se trouvent
disséminés, en ont pris prétexte pour user
91
d'une impitoyable rigueur à leur égard. En bonne
justice, peut-on blàmer cette nation de nourrir des aspirations de ce
genre ? Tout désir d'amélioration n'est-il pas naturel et
imprescriptible ? Mais, si le sentiment est spontané, la raison est là
pour le guider. Les Arméniens ont un sentiment trop net des réalités
pour s'égarer dans de dangereuses utopies. Peuvent-ils ignorer que le
sol de leur patrie se trouve partagé entre trois puissances, et qu'ils
sont eux-mêmes dispersés dans tous les coins du monde? Que leur centre
intellectuel, financier, en un mot, leurs moyens d'action se trouvent
partout, excepté aux lieux où ils pourraient s'employer utilement?
Etant donné ces difficultés, peuvent-ils se faire illusion sur la
possibilité de réaliser des vues politiques, de quelque nature qu'elles
soient? On ne saurait le supposer sans faire injure au bon sens de la
race. L'Arménien peut supporter, à la rigueur, qu'on l'accuse de
tendances libérales, voire patriotiques, encore que ces accusations
soient sans fondement, mais il ne tolère point qu'on le taxe
d'ignorance ou d'imbécilité. A vrai dire, tout bon Arménien n'est dominé
que par l'unique désir de vivre en paix avec ses voisins. Ce qu'il
demande, c'est qu'on n'attente point à sa vie, à son honneur, à ses
biens, à son travail; comme le reste des hommes, il entend jouir en
paix du fruit de son activité et des avantages naturels qu'on reconnaît
aux peuples au milieu desquels il vit. A ce désir légitime, il joint
celui de garder son identité de race, sa langue et sa littérature.
C'est pour s'assurer la possession de ces biens, pieux héritage de ses
ancêtres, qu'il s'est réfugié au sein de l'église nationale, qu'il veut
intangible avec ses institutions, ses attributions et l'intégrité des
privilèges acquis. Il a la conviction que l'église, qui l'a protégé dans
le passé, le protègera dans l'avenir.
92
APPENDICE I - CHRONOLOGIE DES PATRIARCHES SUPREMES
(N. B. Les dates sont d'après le vieux style).
I. S. THADÉE, évangélise l'Arménie en y pénétrant par
le nord. Il est martyrisé à Ardaze vers l'an 50. Son tombeau est vénéré
à Magou. L'histoire de Thadée Dydimus, venant d'Edesse, soulève des
difficultés critiques.
II. S. BARTHÉLEMY, apôtre, évangélise après Thadée;
martyrisé, à Albacus, vers 68. Son tombeau est vénéré à BaschkaIé .
l I I. S. ZAKARIA, discipIe de S. Thadée, devient le
chef de l'église après ces deux apôtres; martyrisé vers 76.
IV. S. ZÉMENTOS, disciples des mêmes apôtres, gouverne pendant 4 ans; décédé vers 81.
V. S. ATIRNERSEH, gouverne pendant 15 ans, martyrisé vers 97 .
VI. S. MOUSCHÉ, passe du siège de Sunik à celui d'Ardaze ; il gouverne pendant 30 ans; décédé vers 128.
VII. S. SCHAHEN, gouverne pendant 25 ans; décédé vers 154.
VIII. S. SCHAVARSCHE , gouverne pendant 20 ans; décédé vers 175.
IX. S. GHEVONDJOS, gouverne pendant 17 ans; martyrisé
vers 193. Les noms de ses successeurs ne nous sont pas parvenus, mais
la succession est prouvée par la tradition du siège de Sunik.
X. S. MEHROUJAN, aurait occupé le siège d'Ardaze entre 230 et 260.
1. S. GRIGOR I. Loussavoritch, évangélise en 301,
consacré en 302; fondation d'Etchmiadzine en 303, décédé en 325, à
l'âge de 86 ans environ.
2. S. ARISTAKES I. Parthev, coadjuteur de son père
depuis 306; est présent au concile de Nicée en 325; au retour succède à
son père; martyrisé en 333.
3. S. VERTANÉS I. Parthev, fils aîné de S. Grigor,
succède à son frère en 333; décédé en 341, à l'âge de 80 ans. S.
Grigoris, fils de Vertanés, exarque de l'Albanie Caspienne, est
martyrisé en 337.
4. S. HOUSSIK I. Parthev, fils de Vertanès, succède à
son père en 341; martyrisé en 347. S. Daniel, préconisé à la
succession, est martyrisé en 347, avant d'occuper le siège .
5. PAREN I. d'Aschtischat, parent de S. Grigor, succède
à la suite du refus des fils de S. Houssik, en 348, gouverne 4 ans,
décédé en 352. Après lui, Schahak de Manazkert, administre comme gérant
pendant un an.
6. S. NERSÉS I. le Grand, petit fils de Houssik, est
élu en 353, à l'âge de 27 ans. Pendant 4 ans, de 359 à 363, il se
retire des affaires, qui sont gérées par Schahali de Manazkert, alias
Tchonak ; Nersés gouverne pendant 20 ans; décédé le 25 juillet 373.
93
7. SCHAHAK I. de Manazkert, de la famille d'Albianus,
l'administrateur susmentionné, occupe le siège en 373; il est nommé
aussi Houssik ; décédé en 377.
8. ZAVEN l de Manazkert, parent du précédent, élu en 377, gouverne pendant 4 ans; décédé en 381.
9. ASPOURAKÉS I. de Manazkert, succède à son frère en
381, gouverne pendant 5 ans; décédé en 386. Vacance du siège pendant un
an.
10. S. SAHAK I. le Grand, élu à l'âge de 39 ans en 387.
Invente avec S. Mesrop l'alphabet arménien en 414. Exilé en 428.
Sourmak de Manazkert, nommé antipatriarche en 428, expulsé un an après.
Birkischo le syrien, appelé à le remplacer, expulsé en 432. Schimouel
le syrien, nommé antipatriarche, décédé en 437. S. Sahak, rappelé
d'exil, s'installe à Blour en 432, gouvernant au spirituel. Sourmak
réélu antipatriarche en 437. S. Sahak décède le 7 septembre 439.
L'administration spirituelle est gérée par S. Mesrop, décédé le 17
février 440 .
11. S. HOVSEP I. de Hoghotzim, succède à
l'administration spirituelle en 440. Est reconnu par le gouvernement à
la mort de Sourmak en 444. Préside le concile de Schahapivan en 445, et
celui d'Artaschat en 450. Exilé en 451; démissionne en 452; martyrisé
le 25 juillet 454.
12. MÉLITÉ I. de Manazkert; élu en 452, décédé en 456.
13. MOVSÈS I. de Manazkert, éJu en 456, décédé en461.
14. S. GÜT I. d'Arahèze, élu en 461, exilé en 471,
retiré à Othmous en472, décédé en 478. Le nom de Kristapor I.
Ardzrouni, mentionné dans les listes ordinaires, n'est établi sur
aucune preuve valide.
15. S. HOVHANNÉS I. Mandakouni, élu en478, transfère le siège à Douine en 484; décédé en 490.
16. BABKEN I. d'Othmous, élu en 490, préside les
conciles de Douine en 506 et 513; décédé en 515. Le bref pontificat que
les listes ordinaires lui attribuent n'est pas conforme à la
chronologie.
17. SAMUEL l. d'Ardzké, élu en 516, décédé en 526.
18. MOUSCHÉ l. d'Aïlaberk, éll1 en 526, décédé en 534.
19. SAHAK II. d'Ouhki, élu en 534, décédé en 539.
20. KRISTAPOR l. de Tiraritch, élu en 539, décédé en 545.
21. GHÉVOND l. d'Erast, élu en 545, décédé en 548.
22. NERSÈS II. de Bagrévand, élu en 548, préside le concile de Douine en 555; décédé en 557.
23. HOVHANNÈS II. Gabéghian, élu en 557, décédé en 574.
24. MOVSÉS II. d'Eghivard, élu en 574; Hovhannès de
Bagaran est élu antipatriarche dans l'Arménie grecque en 590. Movsés
décédé en 604. Le siège, resté vacant pendant 3 ans, est géré par
Vertanes Kertogh.
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25. ABRAHAM I. d'Aghbathank, élu le 30 avril 607,
préside le concile de Douine contre les Géorgiens en 608;
l'antipatriarche Hovhanès meurt en 611 ; Abraham décède en 615.
26. COMITAS I. d'Aghtzik, élu en 615, restaure la basilique de S. Rhipsimée en 617; décédé en 628.
27. KRISTAPOR II. Apahouni, élu en 628, démissionne en 630.
28. YEZR I. de Parajenakert élu en 630, préside le concile de Karine en 631; décédé en 641.
29. NERSÈS III. d'Ischkhan, surnmmé Schenogh, élu en
641, se retire des affaires en 652, y retourne en 658; décède en 661.
30. ANASTASE I. d'Akori élu en 661, décédé en 667. .
31. ISRAEL I. d'Othmous, élu en 667, décédé en 677.
32. SAHAK III. de Tzorapor, élu en 677, décédé en 703.
33. EGHIA I. d'Ardjesche, élu en 703, décédé en 717.
34. S. HOVHANNÉS III, d'Otzoun, surnommé Imastasser,
élu en 717 , préside les conciles de douine en 719 et de Manazkert en
726; décédé en 728.
35. DAVID I. d'Aramonk, élu en 728, décédé en 741.
36. TIRDAT I. d'Othmous, élu en 741, décédé en 764.
37. TIRDAT II. de Dasnavork, élu en 764, décédé en 767.
38. SION I de Bavonk, élu en 767, préside le concile de Partav en 768, décédé en 775.
39. YESSAÏ I. d'Eghipatrousche, élu en 775, décédé en 788.
40. STÉPANOS I. de Douine, élu en 788, décédé en 790.
41. HOVAB I. de Douine, élu en 790, décédé en 791.
42. SOGHOMON I. de Garni, élu en 791, décédé en 792.
43. GUÉORG I. d'Oschakan, surnommé Haïlorbouk, élu en 792, décédé en 795.
44. HOVSEP II. de Parpi, surnommé Karidj, élu en 795, décédé en 806.
45. DAVID II. de Gagagh, élu en 806, décédé en833 .
46. HOVHANNÈS IV. d'Ova, élu en 833, décédé en 855.
47. ZAKARIA I. de Tzak, élu en 855, décédé en 877.
48. GUÉORG II. de Garl1i, élu en 878, décédé en 898.
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49. S. MASCHTOTZ I. d'Eghivard, élu en 898, décédé le 13 Octobre 899.
50. HOVHANNÉS V. de Draskhonakert, surnommé Patmaban,
élu en 899, transfère le siège à TzoroVank en 928 ; décédé en 93 I.
51. STÉPANOS II. Rischtouni, élu en 931, transfère le siège à Aghthamar le même an, décédé en 932.
52. THÉODOROS I. Rischtouni, élu en 932, décédé en 938.
53 YEGHISCHÉ I. Rischtouni, élu en 938, décédé en 943.
54. ANANIA I. de Moks, élu en 943, transfère le siège à Arkina ; décédé en 967.
55. VAHAN I. Suni, élu en 967, déposé en 969.
56. STÉPANOS III. de Sévan, élu en 969, décédé en 971.
57. KHATCHIK I. Arscharouni, élu en 972, construit la résidence d'Ani en 99I; décédé en 992.
58. SARKIS I. de Sévan, élu le 29 mars 992, transfère le siège à Ani le même an ; démissionnaire en 1019.
59. PETROS I. Guéladartz, élu en 1019; Dioskoros de
Sanahine est nommé antipatriarche en 1036; Petros retourne à son siège
en 1038 ; Khatchik II, est nommé coadjuteur en 1049 ; le siège est
transféré à Sébaste en 1050 ; Petros décédé en 1054.
60 KHATCHIK II. d'Ani, succède en 1054, transfère le
siège à Tavblour en 1057; décédé et vacant pendant 5 ans.
61. GRIGOR II, Vikaïasser, élu en 1065; transfère le
siège à Dzamindav la même année; Guéorg III, de Lori est nommé
coadjuteur en 1069, révoqué en 1072; Sarkis de Honi est proclamé
antipatriarche en 1076, décédé en 1077; Théodoros Alakhossik le remplace
en 1077, décédé en 1090 ; Barsegh I, est nommé coadjuteur en 108 I;
Poghos de Varak est proclamé antipatriarche en 1086, il se retire en
1087; Grigor décédé le 3 juin 1105.
62. BARSEGH I. d'Ani, succède en 1105, décédé en 1113.
63. GRIGOR III. Pahlavouni, élu en 1113, à l'âge de 20
ans; David Thornikian est proclamé antipatriarche à Aghthamar en 1114;
le siège est tranféré à Romkla en 1147 ; il démissionne le 17 août
1166, meurt trois mois après.
64. S. NERSÉS IV. Schinorhali, 13 août 1173.
65. GRIGOR IV. Ti~ha, élu en 1173, préside le concile
de Romkla en 1179 ; décédé le 16 mai 1193. 66. GRIGOR V.Karavège,élu en
1193,déposé et décédé en 1194.
67. GRIGOR VI. Apirat, élu en 1194; Barsegh II. d'Ani
proclamé antipatriarche en 1195 ; Grigor décède en 1203.
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68. HOVHANES VI. Médzabaro, élu en 1203, Anania de
Sébaste proclamé antipatriarche en 1204; David III, d'Arkakaghine nommé
coadjuteur en 1204; Hovhannés décédé en 1221.
69. CONSTANTIN I. de Bartzrberd, élu en 9 avril 1267 .
70. HACOB I. de Kla, surnommé Guitnakan, élu en 1267, décédé en 1286.
71. CONSTANTlN II. Pronagortz, élu le 13 avril 1286, déposé en 1289.
72. STÉPANOS IV, de Romkla, élu en 1290, emmené prisonnier en Egypte en 1292, décédé en 1293.
73. GRIGOR VII. d'Anavarza, élu en 1293, transfère le
siège à Sis la même année, décédé en est convoqué après sa mort.
74. CONSTANTIN III, de Césarée, élu le 19 mars 1307, décédé en 1322.
75. CONSTANTIN IV, de Lambron, élu en 1322, décédé en 1326.
76. HACOB II, de Tarse, élu en 1327, démissionnaire en 1341, retourne au siège en 1355, décédé en 1359.
77. MEKHITAR I, de Glïler, élu en 1341, décédé en 1355.
78. MESROP I. d'Ardaze, élu en 1359, décédé en 1372.
79. CONSTANTIN V, de Sis, élu en 1372, décédé en 1374.
80. POGHOS I, de Sis, élu en 1374, décédé en 1371.
81. THÉODOROS II, de Cilicie:, élu en 1377, décédé en 1392; le siège reste vacant un an.
82. KARAPET I, de Keghy, surnommé Bobik, élu en 1393, décédé en 1408.
83. HACOB III, de Sis, élu en 1408, décédé en 1411.
84. GRIGOR VIII, Khantzoghat, s'empare du siège en 1411, déposé en 1416.
85. POGHOS II, de Garni, élu en 1416, décédé en 1429.
86. CONSTANTlN VI, de Vahka, s'empare du siège en 1429,
décédé en 1439; Hovsep, un prétendant, ne réussit pas à s'emparer du
siège.
87. GRIGOR IX. Moussabéguian, élu en 1439, se retire en 1441.
88. KIRAKOS I. de Virar, élu en 1441, à l'occasion du
transfert du siège à Etchmiadzine ; démissionne en 1443 .
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89. GRIGOR X. Djélalbeguian, élu en 1443; Karapet de
Tokat est proclamé antipatriarche à Sis en 1446; Aristakés II est nommé
coadjuteur en 1448; Zakaria d'Aghthamar s'empare du siège en 1461, se
retire en 1462;Sarkis II est nommé coadjuteur en 1462: Grigor décédé en
1466. 90. ARISTAKÉS II. Athorakal, succède en 1466, décédé en 1470.
91. SARKIS II. Atchatar, succède en 1470, Hovhannés VII
est nommé coadjuteur en 1470; Sarkis décédé en 1474. 92. HOVHANNÉS
VII. Atchakir, succède en 1474; Sarkis III, est nommé coadjuteur en
1474; Hovhannès démissionne en 1484.
93. SARKIS III. Mussah, succède en 1484; Aristakes III
est nommé coadjuteur en 1484, Thadéos I en 1499, Yéghisché II en 1504,
Hovhannés en 1505, Nersés en 1506, et Zakaria II en 1507; Sarkis décédé
en 1515.
94. ZAKARIA II. de Vagharschapat, succède en 15 15 ;
Sarkis IV, est nommé coadjuteur en 1515; Zakaria décédé en 1520.
95. SARKIS IV. de Géorgie, succède en 1520, décédé en 1537.
96. GRIGOR XI. de Byzance, élu en 1537, décédé en 1542.
97. STÉPANOS V. de Salmasd, élu en 1542 ; sont nommés
coadjuteurs, Mikaèl I, en 1542, Barsegh III en 1549, Grigor XI I en
1552, et Aristakes IV en 1555 ; Stépanos décédé en 1564.
98. MIKAEL I de Sébaste, succède en 1564 ; Stépanos VI, est nommé coadjuteur en 1567 ; Mikaël décédé en 1570.
99. GRIGOR XII. de Vagharschapat, succède en 1570; sont
nommés coadjuteurs Thadéos II en 1571, Arakel en 1575, et David IV, en
1579 ; Grigor décédé en 1587.
100. DAVID IV. de Vagharschapat, succède en 1587; sont
nommés coadjuteurs Melchissédech I de Garni en 1593, Grigor XIII.
Sérapion en 1603, et Sahak IV. de Garni en 1624 ; David démissionne en
1629 .
101. MOVSÉS III. de Tathev, élu le 13 janvier 1629, décédé le 14 mai 1632.
102. PILIPPOS I. d'Albac, élu le 13 janvier 1033, décédé le 25 mars 1655.
103. HACOB IV. de Djoulfa, élu le 8 avril 1655;
Eghiatar I, proclamé antipatriarche en 1663; Hacob décédé à
Constantinople le 1er août 1680; le siège reste vacant pendant deux ans.
104. EGHIAZAR I. d'Aïntab, élu en 1682; décédé le 8 août 1691.
105. NAHAPET I. d'Edesse, élu le 10 août 1691, décédé le 13 juin 1705; le siège reste vacant pendant un an.
106. ALEXANDRE I. de Djoulfa, élu en 1706, décédé le 22 novembre 1714.
107. ASTOUADZATOUR I. de Hamadan, élu le 7 mai décédé le 10 octobre 1725.
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108. KARAPET II. de Zeytoun , élu et consacré à
Constantinople le 27 février 1726; rentre à Etchmiadzine en 1728 ;
décédé le 9 octobre 1729 .
109. ABRAHAM II. de Khoschab, élu en 1730, I I novembre 1734.
110. ABRAHAM III. de Crète, élu le 25 novembre 1734, décédé le 18 avril 1737.
111. GHAZAR I. de Tchahouk, élu en 1737, consacré en
1738, Hovhannès d'Akoulis est proclamé antipatriarche en 1740 ; Ghazar
est remplacé intérimairement par Petros II. Kutour, en 1748, pendant un
an; Ghazar décédé en 1751.
112. MINAS I. d'Eghine, élu le 15 septembre 1751, décédé le 12 mai 1753.
113. ALEXANDRE II, Karakaschian, élu en 1753, consacré
le 6 mars 1754, décédé en 1755; Sahak V. de Keghy, surnommé Ahakine,
élu en 1755, ne fut pas consacré : décédé en 1760 .
114. HACOB V. de .Schamakhi, élu le 24 novembre 1759, décédé en juillet 1763.
115. SIMÉON I. d'Erivan, élu en 1763, décédé le 26 juillet 1780.
116. GHOUKAS I. de Karine, élu le 2 aout 1780, décédé
le 27 décembre 1799. Hovsep Arghoutian, élu en 1800, décédé en 1801
sans recevoir la consécration.
117. DAVID V. Ghorganian, s'empare du siège le 28 avril 1801, déposé en septembre 1804.
118. DANIEL I. de Sourmari, élu en 1801, ne put occuper
le siège que le 21 septembre 1804; décédé le 21 août 1808.
119. YEPREM I. de Tzoragueh, élu le 26 décembre 1809, démissionne le 6 mars 1831.
120. HOVHANNÈS VIII. de Karbi, élu le 31 mars 1831, consacré le 8 novembre, décédé le 26 mars 1842 .
121. NERSES V. d'Aschtarak, élu le 18 mai 1843, consacré le 9 juin 1846, décédé le 13 février 1857.
122. MATTHÉOS I. Tchouhadjian, élu le 18 mai 1858, consacré Ie 15 août, décédé le 22 août 1865.
123. GUÉORG IV. Kérestédjïan, élu le 17 septembre 1866,
consacré le 21 mai 1867 , décédé le 6 décembre 1882 . Le siège reste
vacant pendant trois ans, à cause du refus suivi de la mort de Nersés
Varjapetian, élu en 1884.
124. MACAR I. Ter-Petrossian, élu le 21 avril 1885, consacré le 10 novembre , décédé le 16 avril 1891.
125. MKRTITCH I. Khrimian, élu le 5 mai 1892, consacré le 26 septembre 1893, décédé le 29 octobre 1907.
126. MATTHÉOS II, Izmirlian, élu le 1 novembre 1908 consacré le 13 septembre 1909
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APPENDICE II - STATISTIQUE DES DIOCESES ARMÉNIENS
Patriarcat de Constantinople .
I. CONSTANTINOPLE (Stamboul), siège patriarcal,
comprend le vilayet de la capitale, fidèles 150,000, communes 38,
églises 43; catholiques 10,000, protestants 1,000.
2. NICOMÉDIE (Ismidt), siège archiépiscopal, comprend
le sandjak d'Ismidt et le caza de Palarkeuy, fidèles 65,000, communes
34, églises 40; catholiques 500, protestants 600.
3. ARMASCHE, siège abbatial, comprend le nahié d'Armasche, fidèles 5,000, communes 3, églises 3.
4. ANDRINOPLE (Edirné), siège épiscopal, comprend les
sandjaks d'Edirne, Kirkkilissé, Dédéaghatch et Gumuldjina, fidèles
8,000, communes 4, églises 5.
5. RODOSTO (Tekfurdagh), siège épiscopal, comprend les
sandjaks de Tekfurdagh, Guélibolou, Tchataldja et Kalaïsoultani,
fidèles 25,000, communes 7, églises 8.
6. SALONIQUE (Sélanik), siège d'archiprêtre, comprend
les vilayets de Sélanik et Monastir, fidèles 2,000, communes 12, église
1.
7. BROUSSE ( Boursa), siège archiépiscopal, comprend le
sandjak de Boursa, fidèles 35,000, communes 7, églises 8; catholiques
3,000, protestants 500.
8. BILliDJïK (Ertoghroul), siège épiscopal, comprend le
sandjak d'Ertoghroul, fidèles 17,000, communes 10, églises 12,
catholiques 1,000.
9. RANDER!dA, siège épiscopal, comprend le sandjak de
Karassy, fidèles 15,000, com munes 7, églises 8 ; catholiques 500.
10. CUTINA (Kutahié), siège épiscopal, comprend les
sandjaks de Kutahié et Afioun-Karahissar, fidèles 18,000, communes 9,
églises 10, catholiques 1,000; protestants 200.
11. SMYRNE (Ismir), siège archiépiscopal, comprend les
vilayets d'Aïdine et Archipel, fidèles 25,000, communes 20, églises 23;
catholiques 2,000, protestants 200.
12. CASTAMOUNI, siège épiscopal, comprend le vilayet de Castamouni, fidèles 14,000, communes 14, églises 8.
13. ANGORA (Enkaré), siège archiépiscopal, comprend les
sandjaks d'Enkaré et de Kirschéhir, fidèles 16,000, communes 8,
églises 20; catholiques 7,000, protestants 500.
14. CÉSARÉE (Kaïsserieh), siège archiépiscopal,
comprend le sandjak de Kaïssérieh, fidèles 40,000, communes 31, églises
30; catholiques 2,000, protestants 2,000.
15. ICONIUM (Konia), siège épiscopal, comprend le .vilayet de Konia, fidèles 25,000, communes 14, églises 16.
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16. SÉBASTE (Sivas ), siège archiépiscopal, comprend le
sandjak de Sivas, excepté quelques cazas, filièles 80,000, communes
74, églises 56; catholiques 5,000, protestants 1000.
17. EUDOCIE (Tokat), siège épiscopal, comprend le
sandjak de Tokat, fidèles 21,000, communes 16, églises 19, catholiques
2,000, protestants 500.
18. AMASIA, siège épiscopal, comprend le sandjak
d'Amasia, fidèles 25,000, communes 19, églises 20; catholiques 500,
protestants 3,000.
19. NICOPOLIS (Schabin-Karahissar), siège épiscopal,
comprend le sandjak de Karahisarischarki, fidèles 25,000, communes 41,
églises 35; protestants 200.
20. SAMSOUN (Djanik), siège épiscopal, comprend le
sandjak de Djanik, fidèles 20,000, communes 42, églises 39 ;
catholiques 500, protestants 300.
21. TRÉBISONDE (Trabouzan), siège épiscopal, comprend
les sandjaks de Trabouzan, Gumuschané et Lazistan, fidèles 30,000,
communes 42, églises 35; catholiques 2,000, protestants 700.
22. KARINE (Erzeroum), siège archiépiscopal, comprend
les cazas d'Erzeroum, Khnouss, Isbir, Kiskim, et Tortoum, fidèles
75,000, Communes 90, églises 89; catholiques 8,000, protestants 2,000.
23. ERZINGA (Erzindjian), siège épiscopal, comprend les
cazas d'Erzindjian, Réfahié, et Kouzidjan, fidèles 25,000, communes
37, églises 44; protestants 500.
24. BABERT (Baïbourt), siège épiscopal, comprend le
caza de Baïbourt, fidèles 17,000, communes 30, églises 31.
25. BASSEN (Hassankalé), siège épiscopal, comprend le
caza de Passenler, fidèles 10,000, Communes 30, églises 19 ;
catholiques 500.
26. DERTCHAN (Terdjan), siège épiscopal, comprend le
caza de Terdjan, fidèles 15,000, communes 38, églises 33.
27. GAMAKH (Kémakh), siège abbatial, comprend les cazas de Kémakh et
Kouroutchaï, fidèles 10,000, communes 19, églises 21 ; protestants 200.
28. KHORTZIAN (Keghy), siège épiscopal, comprend le
caza de Keghy, fidèles 24,000, CommUnes 56, églises 5 I, protestants
1,000.
29. BAGRÉVAND (Bayazid), siège épiscopal, comprend le
sandjak de Bayazid, fidèles 14,000, Communes 50, églises 33;
catholiques 1,000, protestants 200.
30. VAN, siège archiépiscopal, comprend les cazas de
Van, Mahmoudi, Ardjèsche et Aldjavaze;fidèles 100,000, communes 108,
églises 130; catholiques 500, protestants 200.
3 I. LIM-ET-KTOLTZ, siége abbatial, comprend le nahié de Timar, fidèles 11,000, communes 25, églises 32.
32. ALBAC (Baschekalé), siège abbatial, comprend le
sandjak de Hekkiari, fidèles 10,000, communes20, églises 23.
102
33. BAGHÈSCHI, (Bitlis), siège cpiscopal, comprend les
cazas de Bitlis, Akhlat et Modiki, fidèles 50,000, communes 80, églises
98; catholiques 500, protestants 1,000.
34. MOUSCHE siège archiépiscopal, comprend les sandjaks
de Mousche et Guindje, fidèles 90,000, communes 332, églises 230,
catholiques 3,000, protestants 1000.
35. SEGHERT (Séert), siège épiscopal, comprend le
sandjak de Séert, fidèles 25,000, communes 50, églises 33; catholiques
500 .
36, TIGRANOKERTA (Diarbékir), siège archiépiscopal,
comprend les sandjaks de Diarbékir et de Mardin, fidèles 45,000,
communes 42, églises 50; catholiques 1,000, protestants 1,000.
37. BALAHOVIT (Palou), siège épiscoral, comprend le
caza de Palou, fidèles 22,000, communes 41, églises 40, protestants
300.
38. ARGHNI (Argana), siège abbatial, comprend les cazas
d'Argana et Maden, fidèles 6,000, communes 9, églises 10, catholiques
500, protestants 200.
39. TCHINKOUSCHE, siège abbatial, comprend le caza de
Tchermik, fidèles 5,000, Communes 3, églises 4, protestants 700.
40. KHARPERT (Kharpouth), siège archiépiscopal,
comprend les cazas de Mamouretulaziz, Kharpouth, Gaban et Puturgué,
fidèles 45,000, communes 72, églises 75 ; catholiques 2,000,
protestants 4,000.
41. AKN (Eguine), siège épiscopal, comprend le caza
d'Eguine, fidèles 10,000, communes 7, églises 10; protestants 200.
42 ARABKER, siège épiscopal, comprend le caza
d'Arabkir, fidèles 18,000, Communes 16, églises 20, catholiques 500,
protestants 1,000.
43. TCHEMESCHEGADZAK (Tchimisguézek), siège épiscopal,
comprend le caza de Tchimisguèzek, fidèles 9,000, communes 31, églises
22.
44 TCHARSANDJAH, siège épiscopal, comprend le sandjak
de Dersim, excepté un caza, fidèles 18,000, communes 69, églises 50,
protestants 500.
45. EDESSE (Ourfa), siège épiscopal, comprend les
sandjaks d'Ourfa et Zor, fidèles 24,000, communes 16, églises 10;
catholiques 1,000, protestants 800.
46. BAGHDAD, siège épiscopal, comprend les vilayets de
Bagdad, Basra et Moussoul, fidèles 5,000, communes 4, églises 3,
catholiques 1,000.
47. CHYPRE, (Kibriz), siège de prélat, comprend l'île de Chypre, fidèles 1,000, Communes 2, églises 3.
48. EGYPTE (Missr), siège archiépiscopal, comprend le
vice-royaume d'Egypte, fidèles 14,000, communes 10, églises 5;
catholiques 1,500.
103
49. BULGARIE, siège archiépiscopal, comprend le royaume de Bulgarie, fidèles 20,000, communes 18, églises 10.
50. ROUMANIE, siège archiépiscopal, comprend le royaume de Roumanie, fidèles 10,000, communes 17, églises 15.
51. GRÈCE, siège d'archiprêtre, comprend le royaume de Grèce, fidèles 1,000, communes 4, église 1.
•
•Patriarcat de Jérusalem.
52. JÉRUSALEM (Kouds), siège patriarcal, comprend les
sandjaks de Kouds et du Liban, fidèles 3,000, églises 10; catholiques
200.
53. JOPPÉ (Jaffa), siège de prélat, comprend le caza de Jaffa, fidèles 1,000, Communes 2, églises 3.
54. DAMAS (Scham), siège de prélat, comprend le vilayet de Syrie, fidèles 2,000, Communes 4, église 1.
55. BÉRYTE (Beyrouth), siège de prélat, comprend le
vilayet de Beyrouth, fidèles 1,000, Communes 4, églises 4 ; catholiques
300.
Patriarcat de Cilicie.
56. SIS, siège catholicosal, comprend le sandjak de
Kozan, fidèles 9,000, Communes 10, églises 7, protestants 500.
57. ADANA, siège archiépiscopal, comprend les sandjaks
d'Adana, Mersine et Itchili, fidèles 35,000, Communes 16, églises 12;
catholiques 2,000, protestants 900.
58. HADJIN, siège épiscopal, comprend le caza de
Hadjin, fidèles 20,000, Communes 5,églises 8; catholiques 1,000,
protestants 200.
59. PAYASS, siège épiscopal, comprend le sandjak de Béréketdagh, fidèles 11,000, communes 25, églises II.
60. BERIA (Alep), siège épiscopal, comprend les cazas
d'Alep, Iskendéroun et Beylan, fidèles 15,000, conimunes 17, églises 8,
catholiques 5,000, protestants 2,000.
61. GERMANICIE (Marasche), siège archiépiscopal,
comprend les cazas de Marasche, Albistan et Pazardjik, fidèles 30,000,
communes 35, églises 24- ; catholiques 4,000, protestants 3,500.
62. ULNIA (Zeytoun), siège épiscopal, comprend les
cazas de Zeytoun et Endéroun, fidèles 20,000, Communes 18, églises 14;
catholiques 500, protestants 500.
63. FIRNOUZE, siège abbatial, comprend le nahié de Firnouze, fidèles 7,000, Communes 6, églises 10.
64. AÏNTAB, siège épiscopal, comprend les cazas
d'Aïntab et Kilis, fidèles 30,000, communes 4, églises 6; catholigues
1,000, protestants 4,000.
104
65. ANTIOCHE (Antakia), siège épiscopal, comprend les
cazas d'Antakia, Schoughour et Sahioun, fidèles 12,000, communes 16,
églises 9; catholiques 2,000, protestants 1,500.
66. MÉLITÈNE (Malatia), siège épiscopal, comprend le
sandjak de Malatia, fidèles 20,000, communes 42, églises 23 ;
catholiques 2,000, protestants 1,000.
67. YOZGAT, siège épiscopal, comprend le sandjak de
Yozgat, fidèles 40,000, communes 46, églises 43 ; protestants 1,000.
68. GURUN (Kurine), siège épiscopal, comprend les cazas
de Kurine et Ghanghal, fidèles 17,000, communes 11, églises 16;
catholiques 500, protestants 1,000.
69. TIPHRICE (Divrik), siège épiscopal, comprend le
caza de Divriki, fidèles 11,000, communes 14; églises 19, protestants
300.
70. TARANTIA (Darendé), siège abbatial, comprend le caza de Darendé, fidèles 7,000, communes 2, églises 4.
77. TATHEV, sitge abbatial, comprend le district de Tathev, fidèles 15,000, communes 81, églises 100.
78. TIFLIS, siège archiépiscopal, comprend les
gouvernements de Tiflis et de Kouban, fidèles 150,000, communes 133,
églises 117 ; catholiques 4,000, protestants 1,000.
79. GORI, siège épiscopal, comprend les gouvernements
de Koutaïs et de Batoum, fidèles 40,000, communes 31, églises 33;
Catholiques 1000.
80. AKHALTZIKHÉ, siège épiscopal, comprend les
districts d'Akhaltzikhé et d'Akhalkélek, fidèles 90,000, communes 71,
églises 67 ; catholiques 10,000.
81. GANTZAK (Elisavetpol), siège épiscopal, comprend le
gouvernement d'Elisavetpol, fidèles 100,000, communes 72, églises 93.
82. SCHOUSCHI (Karabagh), siège archiépiscopal,
comprend le gouvernement de Schouscha, fidèles 150,000, communes 169,
églises 167.
83. NOUKHI, siège épiscopal, comprend le district de Noukha, fidèles 50,000, communes 52, églises 51.
84. SCHAMAKHI, siège archiépiscopal, comprend le
gouvernement de Daghestan et le district de Schamakhi, fidèles 60,000,
communes 45, églises 34; catholiques 2,000.
85. BACOU, siège de prélat, comprend le sud-est du
gouvernement de Bacou, fidèles 30,000, communes 15, églises 10.
86. ASTRAKAN, siège archiépiscopal, comprend les
provinces occidentales de la Russie, de Sibérie et du Turkestan,
fidèles 70,000, communes 45, églises 31.
87. KIZLAR, siège épiscopal, comprend les provinces
sud-est de Russie, fidèles 60,000, communes 25, églises 12.
105
88. BESSARABIE, siège archiépiscopal, comprend les
provinces sud-ouest de la Russie, fidèles 20,000, communes 19, églises
13.
89. NOR-NAKHITCHÉVAN, siège épiscopal, comprend la
région de Don, au sud de la Russie, fidèles 60,000, communes 40,
églises 34.
90. PETERSBOURG, siège de prélat, comprend le nord de la Russie, fidèles 4,000, communes 3, églises 2.
91. MOSCOU, siège de prélat, comprend le centre de la Russie, fidèles 4,000, communes 4, églises 3.
92. ISPAHAN, siège archiépiscopal, comprend les
provinces est de Perse, fidèles 30,000, communes 98, églises 70,
catholiques 1,000.
93. TÉHÉRAN, siège de prélat, comprend la province de
l'Irak en Perse, fidèles 5,000, communes 17, églises 15.
94. TAURIZ, siège archiépiscopal, comprend la province
d'Azerbédjan en Perse, fidèles 40,000, communes 70, églises 100,
catholiques 400.
95. HAMADAN, siège de prélat, comprend les provinces du
Kourdistan et du Louristan en Perse, fidèles 3,000, communes 10,
églises 10; protestants 1,000.
96. CALCUTTA, siège épiscopal, comprend les colonies
des Indes et de l'Indo-Chine, fidèles 6,000, communes 20, églises 10.
97. BATAVIA, siège de prélat, comprend les colonies de l'île de Java, fidèles 4,000, communes 4, églises 2.
98. SlCZAVA, siège de prélat, comprend les colonies de
Boukovine et Hongrie, fidèles 4,000, communes 10, églises 5,
catholiques 5,000.
99. EUROPE, siège épiscopal, comprend les colonies
d'Angleterre, France, Belgique et Suisse, fidèles 6,000, communes 20,
églises 4; catholiques 15,000 en Galicie, Autriche et Italie.
100. AMÉRIQUE, siège épiscopal, comprend les colonies
des États-Unis d'Amérique, fidèles 50,000, communes 50, églises 5,
protestants 5,000.
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